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L’acteur et artiste Romain Duris : "Le dessin c’est un refuge, un moment de calme, de réel"

Tous les jours, une personnalité s'invite dans le monde d'Élodie Suigo. Aujourd'hui, l’acteur et artiste Romain Duris pour son exposition "Féroce" à la Galerie Cinéma à Paris jusqu’au 11 janvier 2020.

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Romain Durios lors du Festival international des séries, à Cannes le 5 avril 2019 
Romain Durios lors du Festival international des séries, à Cannes le 5 avril 2019  (JOEL SAGET / AFP)

Romain Duris expose actuellement ses dessins dans la galerie d’art Galerie Cinéma. Le dessin c’est sa passion depuis l’enfance : "Presque proche du bébé, je faisais des gribouillages que ma mère ne jetait pas à la poubelle tout de suite, donc ça donne de l’élan et ça m’a poursuivi". Cette passion prend de l’ampleur à l’adolescence, une période dans laquelle il se cherche, il explore beaucoup : "Du coup, le dessin était très présent par rapport à l’école. Moi en réaction, j’avais mes dessins libres, mon monde à moi quoi". À l’adolescence, le dessin est comme un exutoire, une façon de montrer le monde qui l’habite.

Le dessin, ce sont des couleurs, des images, des références musicales, des messages

Romain Duris

à franceinfo

Des parents porteurs et encourageants

Son père est architecte et sa mère coloriste donc ce n’est peut-être pas un hasard s’il se tourne vers le dessin : "Ils m’ont influencé juste dans le fait d’être ouverts d’esprit et tolérants et toujours pour. Rarement choqués, pourtant il y a eu de tout ! Accompagnateurs, pas castrateurs". Romain Duris aurait pu poursuivre dans cette voie mais à partir du moment où il rencontre le cinéma, il dessine moins.

Le cinéma a pris pas mal de temps, d’espace et aussi une façon de s’exprimer

Romain Duris

à franceinfo

Un crayon pour refuge

Il reçoit beaucoup de propositions du cinéma, ce qui l’éloigne du dessin un temps mais il y revient toujours "Ça voyage de toutes façons". Pour Romain Duris, les acteurs doivent quand même avoir des projets quand ils ne jouent pas : "On est victimes de l’offre".

Lorsqu’il enchaîne les tournages, son crayon n’est jamais bien loin dans sa tête : "Je me suis toujours dit : Mais pourquoi je ne dessine pas plus ? Je sais que c’est là, même si pendant cinq ans à des moments j’ai eu des trous. Je ressens trop de choses dans cette activité pour la laisser de côté. Mais les tournages ça prend beaucoup".

Dans son métier d’acteur, on voyage, on se perd un peu, on est très entouré. Le dessin au contraire est une activité solitaire : "D’un coup de se retrouver seul, se laisser traverser, d’être habité par quelque chose que j’associe à quelque chose de sain (…) Je sais que c’est bon. Je peux y passer des heures. Je ne serai jamais lassé, jamais embêté par cela".

Il y a quelque chose de bouleversant dans la retenue.

Romain Duris

à franceinfo

Même si Romain Duris ne se retourne jamais trop sur le passé, il reconnaît avoir eu beaucoup de chance "de croiser les bonnes personnes, à des moments forts". Il joue beaucoup devant la caméra de Cédric Klapisch (Trilogie de L’Auberge espagnole), il se remémore le tournage de Gadjo Lilo de Tony Gatlif en Roumanie, "des souvenirs extraordinaires". La liste des belles rencontres est longue puisqu’il travaille aussi avec Jacques Audiard (De battre mon cœur s’est arrêté), Patrice Chéreau, Christophe Honoré (17 fois Cécile Cassard), François Ozon (Une nouvelle amie).  

Ses dessins exposés à la Galerie Cinéma mêlent une certaine noirceur à l’érotisme : "La pudeur mêlée à la puissance des corps m’émeut. Dans la retenue,  il y a quelque chose de bouleversant".

A l’avenir, l’artiste Romain Duris désire se tourner soit vers la peinture à l’huile et expérimenter son panel de couleurs : "J’ai un rêve, un fantasme, de me coller à la peinture à l’huile", soit se diriger vers la bande dessinée en noir et blanc, plus graphique. Le temps nous le dira. En attendant le livre, l’exposition à la Galerie Cinéma est jusqu’au 11 janvier 2020.

Romain Durios lors du Festival international des séries, à Cannes le 5 avril 2019 
Romain Durios lors du Festival international des séries, à Cannes le 5 avril 2019  (JOEL SAGET / AFP)