Julien doré : des Beaux-Arts à la musique, un artiste sans "limites"

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Toute cette semaine, Julien Doré est l’invité exceptionnel du monde d’Élodie. Un tête à tête en huit chansons. Aujourd’hui, un premier titre : "Les limites".

Article rédigé par
Elodie Suigo - franceinfo
Radio France
Publié
Temps de lecture : 5 min.
Julien Doré se produit lors de la finale de l'émission télévisée "The Voice Belgique", le 13 avril 2021. (VIRGINIE LEFOUR / MAXPPP)

Auteur, compositeur, interprète, musicien, producteur et acteur, Julien Doré est devenu un des artistes les plus incontournables de la scène musicale française. Toute cette semaine, il revient sur des moments forts de sa carrière au travers de quelques-unes de ses chansons emblématiques. Son dernier album Aimée, sorti en septembre 2020, continue d'enchaîner les meilleures ventes de singles. La vente de billets pour sa tournée 2021 est lancée, trois ans après la précédente, qui s'est jouée à guichets fermés devant plus de 500 000 personnes.

franceinfo : C'est un parcours fou qui a débuté par une victoire, celle de la cinquième saison de 'La Nouvelle Star', diffusée sur M6 en 2007. Quel regard avez-vous sur ces 14 ans de carrière ?

Julien Doré : Effectivement, 14 ans d'un chemin artistique qui a commencé avec un joli hasard. Je n'aurais jamais pensé, en me glissant dans cette file d'attente à Marseille pour ce casting de la Nouvelle Star, que les lendemains qui suivraient, seraient eux aussi fait de musique, de plaisirs liés à ma passion. 

Le regard que j'ai sur ces 14 ans de carrière est encore aujourd'hui un regard étonné.

Julien Doré

à franceinfo

Vous avez grandi à Lunel et à Nîmes. Des lieux qui font partie de vous.

Oui. Je suis né à Alès. J'ai grandi à Lunel et après, j'ai passé huit ans de ma vie à Nîmes. Ils le sont d'autant plus sur cet album. J'ai réalisé que plus de 90% des chansons que j'avais écrites et composées l'avaient été dans le Sud même en vivant à Paris, où j'ai vécu dix ans.

Ça fait bientôt quatre ans que je suis retourné vivre dans les Cévennes et c'est vrai que ce contexte a fait beaucoup de bien pour nourrir les moments de création. La quasi-totalité de mes chansons au fil des albums sont toutes effectivement gorgées de ce soleil, celui qui m'a vu naître, grandir, ce soleil du Sud.

Les Beaux-Arts font partie de votre vie depuis longtemps, d'ailleurs, il y a dans votre travail cette recherche de visuels, de sons. Et il y a toujours eu la musique. C'était une évidence ?

Ça a été un contrepied qui a surgi parce qu'il était extrêmement nécessaire pour moi pendant mes études aux Beaux-Arts. Pendant ce cursus, les mots étaient très importants. Il fallait absolument qu'à l'oral, je sois capable de défendre en permanence ce que pourtant, j'étais en train de montrer au regardeur, à celui qui allait passer devant ce que je proposais. Mes mots étaient là pour défendre ce travail en permanence. Je commençais à être soulé par ma propre voix qui devait défendre ce qui était simplement là, en théorie, pour être regardé et susciter une émotion. Il fallait pourtant que mes mots viennent défendre ça.

La musique a surgi dans ma vie aux Beaux-Arts.

Julien Doré

à franceinfo

La musique est venue comme un contrepied. C'était dire que j'avais besoin d'une énergie brute. J'avais besoin de me taire. J'avais besoin d'arrêter de mettre des mots sur ce que je proposais artistiquement. Quand j'ai pris cette guitare électrique avec mes amis aux Beaux-Arts, quand on a commencé à écrire à la va vite des chansons en anglais, tout s'est simplifié. Et quand je me mettais à chanter dans ce micro et à gratter cette guitare, il y avait quelque chose de très simple à comprendre. 

J'ai l'impression que c'était aussi une façon pour vous de conserver cette notion de 'famille'.

C'est vrai qu'enfant unique, fils assez solitaire, dans ma chambre pour le coup, le dessin était très présent. Je passais beaucoup de temps avec mon imaginaire.

La musique m'a permis de comprendre qu'en fait, j'étais un solitaire qui adorait être entouré et qui adorait être dans un mouvement de groupe.

Julien Doré

à franceinfo

Cette énergie fait beaucoup de bien. C'est vrai qu'aujourd'hui, j'ai beaucoup plus de mal à être seul.

Le 13 juin 2007, vous remportez l'émission 'La Nouvelle Star' sur M6 . Vous n'allez pas attendre très longtemps pour sortir votre premier album car en 2008 sort Ersatz. Vous proposez ce qui vous correspond, un sacré pari. C'est un ovni énorme qui vous ressemble, complètement déjanté.

Oui. De la pochette au premier clip. Deux mois avant la Nouvelle Star, j'ai un job, celui de nettoyer les façades de banques dans le Sud. Je fais ça du matin au soir. Ce changement est un peu radical. Moi, j'étais surtout obsédé par l'idée qu'on ne me transforme pas, qu'on ne m'agresse pas, que je reste libre dans ce que je voulais entreprendre. J'avais du mal à faire confiance.

Ce premier disque, je l'ai vu comme n'importe quel dessin que j'aurais commencé à faire aux Beaux-Arts. C'est-à-dire que c'est ça que je veux faire, je veux rencontrer Arno, Christophe, j'ai envie de faire des chansons comme ça. Et puis mon premier clip, j'ai envie de le tourner en pellicule de cinéma, en noir et blanc et en plan-séquence.

Avec effectivement ces collaborations Arno, Christophe, Cocoon, Ben et puis ce titre : Les limites. C'est vrai que c'était une façon de marquer, justement, que vous n'en aviez pas.

Les limites est une chanson qui a été écrite et composée par un garçon qui s'appelle David Scrima. J'écoute cette maquette qu'il jouait d'ailleurs au ukulélé. Je lui dis que cette chanson est trop bien. "Je sais que je vais quitter Paris", il y avait des mots qui me parlaient. Je me disais c'est comme si on me présentait. Je trouvais ça assez joli et c'est fou que cette chanson soit devenue le titre porteur de ce premier album.

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