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Jean-François Roseau : "Au plus fort de la bataille"

Il y a cent ans, la première guerre mondiale avait commencé depuis plus de quatre mois. Dans son premier roman, Jean-François Roseau tente de restituer au plus près cette tragédie. Un livre très original et émouvant qui s’appuie sur une importante enquête, des récits et des lettres de poilus.

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(© Pierre-Guillaume de Roux)

« Tout était bon à mettre au compte de Poincaré. Le manque d’obus et l’épuisement d’acide sulfurique pour la fabrication des poudres.

– Vous l’avez vu habillé pour le front ?

– Un peu qu’on l’a vu, le Raymond ! Sa casquette de chauffeur. Son costume de cycliste prêt pour le Tour de France...

– Les poilus ont dû se marrer. On leur annonce un président, et ils voient arriver un chauffeur de taxi aussi éloquent qu’une huître !

– Il paraît qu’il reste muet devant les soldats. La larme à l’œil en les saluant droit dans ses bottes. »

Quand l’hypermédiatisation des conflits, source de notre indifférence à l’horreur, s’estompe tout à coup sous une trouvaille exceptionnelle – des lettres de poilus découvertes au gré d’une promenade dans les rues de Montmartre -, l’Histoire redevient vivante. Et le souffle des épistoliers, liés par l’amour, le remords et l’exil, peut, à nouveau, nous communiquer un peu de cette indicible expérience de 14-18…. À travers cette tragédie aux ardeurs mêlées, Jean-François Roseau nous fait redécouvrir la Grande Guerre du haut de ses vingt-trois ans, et signe un tout premier roman décapant.

(© Pierre-Guillaume de Roux)