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L'idée de croissance fait son chemin, du Medef à Berlin

La France respectera son objectif de déficit l'an prochain, grâce aux mesures qui seront prises dans la foulée des législatives. Les prévisions de croissance publiées aujourd'hui par la Commission européenne prévoit une dégradation par rapport aux données de l'équipe sortante.

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Bruxelles a
présenté aujourd'hui ses prévisions économiques pour l'année 2012 et 2013. Pour
la France, elle table sur une croissance de 0,5 % comme François Hollande
. En
revanche pour l'an prochain, elle est beaucoup moins optimiste. La croissance
ne sera que de 1,3 % estime-t-elle. Or qui dit moins de croissance dit plus de
déficit et selon Bruxelles Paris ne tiendra pas l'objectif de ramener le
déficit public à 3 % du produit intérieur brut l'an prochain. La Commission
s'attend à ce qu'il atteigne 4,2 %.

François Hollande
répond que ces prévisions ne constituent pas une surprise. Mais qu'il attend
l'audit des comptes publics qui sera réalisé par la Cour des comptes pour
prendre des décisions

Les explications de
Karine Berger la conseillère pour les affaires économiques de François Hollande
pendant la campagne 

Parallèlement
l'idée d'un pacte de croissance fait son chemin jusqu'à Berlin
 

C'est le ministre
allemand des affaires étrangères qui a présenté aujourd'hui un pacte de
croissance en six points. Histoire de ne pas laisser le monopole de la
croissance à la gauche européenne et tout particulièrement française. Mais pour
l'Allemagne, encourager la croissance doit se faire sans augmenter les dépenses.
Selon lui, 80 milliards d'euros de fonds européens non utilisés devraient être
investis
dans des projets qui doperaient la croissance et la compétitivité.

 

Même signes de
bonne volonté en provenance du Medef
 

Laurence Parisot
estime que François Hollande a raison d'insister sur la croissance et se dit
impatiente de travailler sur le sujet avec le futur gouvernement ou le
président de la République. Tout en précisant qu'il ne faut pas opposer
croissance économique et rigueur budgétaire.

 

Regain d'inquiétude  à
FAI Blanquefort, près de Bordeaux 

  L'usine qui a été reprise par Ford en janvier 2011 emploie
encore 1 200 personnes, dont Philippe Poutou, l'ex-candidat du NPA. Les salariés viennent d'apprendre que le numéro un de
Ford Europe a démissionné. Or c'est lui qui avait rappelé les engagements du
constructeur américain de pérenniser 1 000 emplois à Blanquefort. On est
loin  du compte aujourd'hui avec
seulement 680 postes garantis.

En réalité, en ce moment, ils ne sont que  2 à 300 à travailler, faute de plan
industriel qui relance l'activité du site. Les autres sont en chômage partiel
ou en formation. Ford avait pourtant promis 
d'ici le mois de juin prochain une nouvelle stratégie industrielle. Avec
ce départ,  les compteurs sont remis à
zéro
, estime Gilles Penel, le secrétaire du CE. Il demande une réunion
d'urgence avec Ford Europe pour tenter de sortir du flou. Il rappelle aussi que
le groupe américain n'a pas encore répondu à 
l'appel lancé le mois dernier par les collectivités locales  pour la tenue d'un comité de pilotage sur
l'avenir du site de Blanquefort.

 

Renault condamné
pour faute inexcusable
 

C'est l'arrêt rendu aujourd'hui par la Cour d'appel de Versailles à propos
du suicide d'un salarié du Technocentre de Guyancourt en 2007. En première
instance en 2010 le tribunal des affaires sociales avait lui écarté ce motif.
La Cour d'appel juge que le constructeur automobile n'a pas pris les mesures
nécessaires pour préserver le salarié
du danger auquel il était exposé. Les
supérieurs hiérarchiques ne sont pas épargnés, le jugement précisant que ceux
ci n'ont jamais cherché à améliorer les conditions de travail ni contrôlé les
horaires
. Il travaillait de dix à douze heures par jour, ce que l'Inspection du
travail avait jugé abusif.

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