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Quand la guerre se fait aussi sur les réseaux sociaux

Une journée sur les réseaux sociaux, en compagnie d'Erwann Gaucher.

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(© Capture d'écran)

Depuis une dizaine de jours, les combattants de l’Etat islamique au Levant ont lancé une offensive sur plusieurs villes irakiennes, mais aussi une offensive numérique.  Au moment de la prise de Tikrit, les combattants de L’Etat islamique en Irak et au Levant ont immédiatement fait circuler sur les réseaux sociaux une série de photos où on les voit abattre des soldats de l’armée irakiennes faits prisonniers.  Des photos ont été postées sur un compte twitter qui a été suspendu depuis, qui parlait de 1.700 victimes...

C’est sans doute la première fois qu’un crime de masse, s’il est avéré, est ainsi mis en scène et diffusé par ses auteurs sur des réseaux grand public.

Et cela prouve sans doute le tournant qui a été pris depuis un ou deux ans. Désormais, de nombreux conflits se déroulent en temps réel aussi sur les réseaux sociaux. 

L’armée israélienne au front des réseaux sociaux

Tsahal, l’armée israélienne déploie depuis deux ans une véritable stratégie de présence sur les réseaux sociaux. En novembre 2012, c’est sur son compte Twitter qu’elle avait annoncé le lancement de l’offensive militaire sur Gaza “Pilier de défense”. 

Depuis une semaine, depuis l’enlèvement de trois jeunes Israéliens, près d’Hébron, Tsahal est à nouveau très active sur les réseaux sociaux.

Alors que sur le terrain les soldats israéliens recherchent activement les trois jeunes, sur les réseaux, l’armée diffuse des dizaines de vidéos, de photos et de tweets avec le #, le mot clé Bring Back our Boys. Un mot d’ordre choisi bien sûr pour rappeler le soutien aux écolières enlevées au Nigéria par la secte islamique Boko Haram. 

 

L’objectif de cette offensive numérique : communiquer, occuper le terrain de Twitter, Facebook, YouTube et du web en général, sensibiliser l’opinion publique au sort des trois jeunes hommes et fustiger son adversaire déclaré, le Hamas.

Mais comme dans tous conflits, l’adversaire a répliqué. Depuis quelques jours, l’armée israélienne n’utilise plus ce #Bring back our boys, depuis que ses opposants ont décidé de s’en emparer eux aussi. Ils s’en servent ainsi pour diffuser sur les réseaux des messages dénonçant les conditions de vie dans les territoires occupés, en y ajoutant  des slogans comme “Vivre sous la terreur”. Une véritable guerre des tweets s’est ainsi engagée. 

Une stratégie numérique aussi pour l’armée française

L’armée française regarde, elle aussi, de très près ces opérations numériques. En avril 2013, le Vice-Amiral de Tarlé avait ainsi signé un document de 23 pages présentant de façon détaillée la future stratégie de l’armée française sur les réseaux sociaux.

 Un document où l’on voit comment Twitter, Facebook ou Instagram pourraient servir à la Grande muette pour des opérations de déstabilisation, de renseignement ou de mobilisation de l’opinion publique.

On parle très souvent de la guerre des réseaux sociaux, il va falloir aussi regarder de près la guerre SUR les réseaux sociaux...

 

(© Capture d'écran)