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Un Brexit plomberait-il l'économie britannique ?

J-4 au Royaume Uni avant le référendum sur le Brexit. La campagne des "pro" et des "anti" Brexit a repris ses droits jeudi. Quel premier bilan tirer de cette campagne ?

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Ce que l'on retient d'abord, c’est l’extrême violence de cette campagne. Rythmée par les tabloïds, ces quotidiens populaires sans scrupules et souvent sans déontologie, cette incroyable campagne a charrié son lot de haine, de "terrorisme mental " ont même dénoncé certains et ces semaines terribles vont laisser des traces, des blessures profondes et durables dans la société britannique. On peine d’ailleurs à comprendre vraiment comment ce grand pays, qui est aujourd’hui la deuxième puissance économique du continent, et la cinquième mondiale, si à l’aise dans la mondialisation, a pu se laisser entraîner dans un tel moment de doute abyssal et existentiel, une telle folie débridée qui a conduit, on le sait, à l’effroyable assassinat d’une jeune députée pro-européenne. Le deuxième trait de cette campagne fut la peur, une peur qui a pris le pas sur tous les arguments, y compris les plus rationnels. Les deux camps, il faut bien le dire, ont multiplié les outrances et agité les périls parfois les plus fantasmés ou malhonnêtes. Cette campagne sur le Brexit a dépassé toutes les bornes.

L'impact économique du Brexit au coeur de la campagne

Même si le thème de l’immigration, la peur d’une déferlante humaine parvenant jusqu’au Royaume Uni a constitué le sujet majeur, l’impact économique des deux options, rester ou partir, a aussi été longuement débattu. Et ce qui frappe notamment, y compris après l’intervention télévisée sur la BBC jeudi soir de David Cameron, c’est combien les partisans du "Remain ", comme rester dans l’Europe, ont aussi peiné sur le domaine économique où les arguments étaient a priori les plus solides, les plus irréfutables. C’est essentiellement des arguments négatifs qui ont ainsi dominé. Exemples : il vaut mieux être à la table des négociations au sein de l’Union européenne pour lui éviter de faire des bêtises et de conduire des mauvaises politiques. Le premier ministre a redit jeudi soir que ce serait une tragédie si les Britanniques se laissaient avoir des gros mensonges, il a affirmé que la majorité des économistes mettaient les électeurs en garde sur les conséquences négatives d’une sortie du Royaume Uni, en terme d’emplois, de croissance, de rayonnement, mais David Cameron n’a trouvé aucun argumentaire positif à avancer, comme si le projet européen était aujourd’hui vide d’avenir, vide de promesses, vide de perspectives.                

Les milieux économiques demeurent très tendus

Sans aucun doute et même si le "Remain " semble remonter soudainement dans les sondages, les milieux économiques et financiers sont plus fébriles que jamais. Eux savent combien ils ont à perdre à un éventuel Brexit. La City et ses 1400 institutions financières étrangères tremblent, tant leurs activités sont tournées vers le grand marché unique européen. La finance est sans conteste, celle qui a le plus à perdre d’un Brexit. La City est la première place financière pour les transactions en euros. Sortir de l’Union pour la City, c’est un saut dans l’inconnu. Et comme l'a souligné David Cameron, ce saut dans l’inconnu serait irréversible. Ou pour prendre une autre métaphore, comme disent les économistes, "on ne fait pas rentrer le dentifrice une fois sorti du tube ".

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