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Le décryptage éco. Un an après le scandale Volkswagen la grande transformation de l'automobile

C'était il y a tout juste un an : un énorme scandale éclatait aux Etats-Unis. Volkswagen était accusé de fraude aux émissions polluantes sur ses véhicules diesel. Est-ce que ce scandale a changé l'industrie automobile ? 

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Le logo Volkswagen sur une voiture de la marque nettoyé par un chiffon.
Le logo Volkswagen sur une voiture de la marque nettoyé par un chiffon. (AFP)

Le scandale Volkswagen a accéléré une grande transformation, une grande mutation de l’industrie automobile mondiale. En ce sens, il a éclaté à un moment décisif. D’abord, Volkswagen n’est pas n’importe lequel des constructeurs automobiles. Volskwagen, c’est "Das auto", comme disent nos voisins allemands, la voiture allemande, la fierté du pays, le porte drapeau de l’industrie allemande. Et cette entreprise a été comme terrassée, même si elle n’est morte. Pour n’importe quelle autre constructeur, le coup aurait été fatal. Car cette fraude a été sanctionnée de la manière la plus violente et inédite qui soit : 15 milliards de dollars d’amende aux Etats-Unis, et sans doute une ardoise totale entre 25 et 30 milliards au terme de toutes les procédures engagées dans le monde. C’est colossal. Autant dire que c’est un avertissement sans frais à tous les autres constructeurs, qui tous, ou presque tous, on le sait, avaient tendance à minorer leurs émissions toxiques. Tout le monde a eu très très chaud dans cette affaire.

La deuxième raison, la deuxième conséquence de ce scandale, c’est que les normes sanitaires ont été durcies ou vont se durcir un peu partout et notamment en Europe et dès l’année prochaine. Les vieux tests vont enfin être remplacés par des tests crédibles fiables, en bonne et due forme. C’est le sens de l’histoire.

 

Est-ce que les consommateurs sont prêts à aussi changer leurs habitudes ?

C’est aussi une condition indispensable. Ça en prend clairement le chemin : les ventes de véhicules diesel reculent fortement partout dans le monde (sauf en Chine qui est encore un cas particulier). On peut rappeler que les moteurs diesel, émettent moins de CO2 que les moteurs à essence, mais ils sont plus toxiques, parce qu’ils rejettent en quantité des oxydes d’azote et des particules fines cancérigènes. Les Français ont beaucoup aimé le diesel par exemple, plus que beaucoup d’autres en Europe. Au point qu’il y a 4 ans, les moteurs diesel représentaient près de 75% des ventes. Désormais, on est en train passer sous la barre des 50%. Et la tendance va se poursuivre. Et, inéluctablement, la fiscalité va finir par s’aligner, et le diesel coûtera aussi cher que l’essence.  

 

 Les constructeurs peuvent-ils mettre le paquet sur les véhicules électriques ?

Oui, massivement, c’est d’ailleurs le cas aussi de Volkwagen qui n’était pas en avance dans le domaine. Là encore, effet positif du scandale, tous les grands constructeurs ont investi massivement dans les technologies et les batteries électriques, les gammes de véhicules électriques vont s’étoffer très fortement, on pourra le constater au mondial de l’automobile qui se tient à Paris au mois d’octobre. Et ces bouleversements industriels témoignent d’une grande transformation de l’automobile et des usages de l’automobile : l’électrique, le covoiturage avec le développement fulgurant des plateformes de partages et dans moins de dix ans, l’arrivée massive des voitures autonomes qui vont révolutionner le trafic automobile dans nos villes. Bien sur, le scandale Volkswagen n’a pas initié ces mutations profondes, mais il les a encore accélérées, c’est ça qui est intéressant. C’est aussi pour cette raison, que le scandale Volkswagen sera une date charnière dans l’histoire de l’automobile.

Le logo Volkswagen sur une voiture de la marque nettoyé par un chiffon.
Le logo Volkswagen sur une voiture de la marque nettoyé par un chiffon. (AFP)