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Peut-on payer la facture du réchauffement climatique ?

François Hollande a appelé mardi à New-York à "une révolution" en 2015, "celle du changement climatique". Est-ce bien sérieux alors qu’on sait que la France cherche la croissance à tout prix et que la relance de l’activité est difficilement compatible avec les enjeux climatiques ?

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(© Radio France / Matthieu Mondoloni)

Le président français a en tout cas assuré le spectacle mardi à la tribune des Nations Unies, lors du sommet international sur le climat, affirmant que la France voulait être "exemplaire" en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Le président a joint le geste à la parole et promis que la France verserait un milliard de dollars au fameux "fonds vert" des Nations Unies qui aide les pays les plus fragiles déjà affectés par le dérèglement du climat.

 

Paris 2015 en ligne de mire

 

La France ne veut pas être en reste puisque l’Allemagne a déjà fait le même geste. Mais surtout, François Hollande qui a mis tout son poids pour que la prochaine grande conférence internationale sur le climat soit organisée en France, dans un an tout juste, aurait tout à gagner à un succès international. En décembre 2015, la France accueillera 40 000 personnes, venues du monde entier, dont près de 20 000 négociateurs aux intérêts divergents. La pression est déjà forte, puisqu’il y a cinq ans, le sommet de Copenhague s’était conclu par un échec retentissant.

 

L’Europe et la France en pointe

 

Voilà un sujet sur lequel l’Europe n’est pas en situation de faiblesse. Elle est le seul des quatre gros pollueurs mondiaux à avoir réduit ses émissions de gaz à effet de serre. Et la France n’a pas démérité, elle a tenu, haut la main, ses objectifs fixés pour la période 2008-2012, avec des entreprises françaises qui ont leur part de travail. Mais ces bons résultats européens, cachent de grandes disparités, du fait notamment de l’absence de politique énergétique européenne. Pour ne citer que l’Allemagne, notre voisin est le plus gros émetteur de CO2.

 

La lutte contre le réchauffement climatique porteur de croissance

 

En l’absence de croissance, l’Europe pourra-t-elle assumer cette transition énergétique ? C’est toute la question. Une personnalité britannique extrêmement respectée, ancien économiste de la Banque Mondiale, Nicolas Stern, vient de rendre un rapport qui va faire date, dans lequel il affirme que la lutte contre le réchauffement n’est pas l’ennemie de la croissance ou de la prospérité, prenant à rebrousse poils une opinion généralement admise depuis les années 70.

 

Stern propose un plan d’action avec une dizaine de mesures phare. En voici quelques unes : intégrer l’impact du réchauffement dans toutes les décisions économiques ; éliminer les subventions aux énergies fossiles ; taxer les émissions de CO2 ; accélérer la sortie du charbon ou encore multiplier par trois les dépenses en recherche dans les technologies propres.

 

C’est peut-être autour de cette feuille de route que pourrait dessiner un compromis international, à Paris, dans un an. Il y a 40 ans, le fameux Club de Rome, ses économistes, scientifiques et fonctionnaires internationaux, avaient dénoncé les ravages de la croissance dans un monde aux ressources finies. Mais aujourd’hui on sait enfin comment mieux concilier la croissance et l’impératif de la lutte contre le réchauffement climatique. 

(© Radio France / Matthieu Mondoloni)