Les salaires des patrons des grandes entreprises ont diminué de 14% en 2020

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L’an dernier, avec la crise, les salaires des patrons des grandes entreprises françaises ont chuté. En tête de classement arrive Bernard Charlès , le vice-président et directeur général de Dassault System. Le décryptage de Fanny Ginochet.

Article rédigé par
Fanny Guinochet - franceinfo
Radio France
Publié Mis à jour
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Bernard Charlès, le vice-président et directeur général de Dassault System a touché plus de 20 millions d’euros en 2020. (ALEXIS SCIARD / MAXPPP)

Une baisse de 14% en moyenne de la rémunération annuelle pour les patrons des 120 plus grandes sociétés cotées en France : c’est ce qui ressort du rapport annuel du cabinet Proxinvest qui vient d’être publié. Ce rapport passe au crible ce que gagnent les grands dirigeants français en prenant leur salaire fixe, mais aussi leurs avantages en nature, primes, actions etc. 2020 a été une année particulière : avec la crise, le gouvernement leur avait expressément demandé de réduire leurs émoluments.

Dans le détail, ce ne sont pas vraiment leurs salaires fixes qui ont baissé (à peine 4%) mais plutôt les bonus et primes annuels, réduits de presque 27% en moyenne. Et pour cause, généralement, ces bonus sont conditionnés par la performance : ils ne sont versés que si les objectifs de rentabilité, de croissance sont atteints. Et là, vu le contexte, ils n’ont pas pu l’être. Résultat : 15 dirigeants du classement n’ont reçu aucune prime annuelle. En revanche, certains, s’en sortent très bien : c’est le cas d’Alexandre Bompard, le PDG de Carrefour, qui empoche le plus gros bonus versé de l’an dernier… presque 2,5 millions d’euros.

20 millions d'euros pour le mieux rémunéré

En tête du classement des rémunérations des dirigeants arrive Bernard Charlès , le vice-président et directeur général de Dassault System, le leader mondial des logiciels 3D. L’an dernier, il a touché plus de 20 millions d’euros mais ça a suscité de remous en assemblée générale. Le deuxième, avec 17 millions d’euros empochés, est Daniel Julien, à la tête de Teleperformance, spécialiste des centres d’appels.

Cette étude ne prend pas en compte la fortune, le patrimoine, ou même les dividendes des dirigeants, c’est pour ça par exemple que Bernard Arnault, PDG de LVMH est dans le classement mais qu’il n’arrive pas en tête : il est le patron le plus riche mais pas le mieux rémunéré. Et le moins bien payé est une femme. Stéphane Pallez. La PDG de La Française des Jeux a gagné 403 000 euros. Précisons que les rémunérations des dirigeants des sociétés détenues par l’État sont plafonnées à 450 000 euros.   

Cette modération salariale des grands patrons ne devrait pas se poursuivre. La plupart des entreprises ont déjà fait voter des hausses pour leurs dirigeants pour 2021. C‘est le cas de Vivendi et Total. La très bonne reprise de l’économie, et l’envolée des marchés boursiers leur permet de le faire sans avoir trop à se justifier.

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