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Les bourses mondiales dans l'incertitude pour 2019 après une année de baisse

Le passage au Nouvel An n'a pas profité à la bourse de Paris. Le CAC 40 a perdu 0,87% pour sa première séance de l'année, mercredi 2 janvier. Alors que l'ensemble des marchés a dégringolé en 2018, peut-on parler de krach boursier ?

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De janvier à décembre 2018, la bourse de Paris a perdu 11%, sa plus mauvaise année depuis 2011. Les bourses du monde entier connaissent un mouvement similaire.
De janvier à décembre 2018, la bourse de Paris a perdu 11%, sa plus mauvaise année depuis 2011. Les bourses du monde entier connaissent un mouvement similaire. (DREW ANGERER / AFP)

Nous ne sommes pas encore à des niveaux comme ceux enregistrés en 1929, 2001 ou 2008, mais l’année a été pire qu’anticipée et la descente a été sérieuse pour les bourses du monde entier. De janvier à décembre 2018, la bourse de Paris a perdu 11%, sa plus mauvaise année depuis 2011. Francfort a perdu 18%, les bourses de Londres et Tokyo ont lâché 12%, Shangai 25%. Seule Wall Street, aux États-Unis, a limité la casse en ne cédant que 6%.

Lorsque l’on regarde les actions, on constate que c’est le secteur bancaire qui a été le plus attaqué, avec l’automobile. En revanche les valeurs du luxe et de l’aéronautique s’en sont bien sorties. Ce sont des secteurs qui investissent et qui innovent.  

Situation économique mondiale fébrile  

Pour les opérateurs à la bourse de Paris, Francfort, New-York ou Shangai, les facteurs sont identiques. Les marchés se tiennent la main et les réactions s'enchaînent. Et les motifs d'inquiétude sont nombreux. Les relations houleuses entre les États-Unis et la Chine, qui font toujours planer la menace d’une guerre commerciale entre les deux plus grandes économies de la planète, les perspectives du Brexit en mars 2019 et les conséquences de la sortie du Royaume-Uni de l’Europe rajoutent à l’incertitude.

Le contexte économique global, dans un monde finalement très instable, laisse entrevoir un impact possible sur le plan politique et social. Les "gilets jaunes" en France, les difficultés de la coalition au pouvoir en Allemagne ou la poussée des populismes en Italie en sont la preuve. Enfin, les coups de sang de Donald Trump n’arrangent rien. Le dernier en date était dirigé contre la Banque centrale américaine, la Fed. Son président, Jerome Powel, est à deux doigts d’être limogé, or, c’est le gendarme de l’économie mondiale avec sa politique monétaire et le jeu des taux d’intérêt.  

Les dangers du marché obligataire

Il est toujours très délicat de prédire l'avenir boursier. Au même titre que la nature a horreur du vide, les investisseurs en bourse détestent l’incertitude. Or, rien n’est clair dans l’économie mondiale en ce moment, donc les marchés vont rester volatils. Il va falloir suivre de très près : Trump, la Chine, les pays émergents, le secteur de l’énergie, ainsi qu'un autre marché que les actions : celui des obligations. Les obligations sont des titres créés et émis par les États pour vendre leur dette publique aux investisseurs du monde entier. Certains économistes estiment qu’une crise pourrait venir de ce côté-là également. Le marché obligataire, nouvelle bulle explosive ? Affaires à suivre.

De janvier à décembre 2018, la bourse de Paris a perdu 11%, sa plus mauvaise année depuis 2011. Les bourses du monde entier connaissent un mouvement similaire.
De janvier à décembre 2018, la bourse de Paris a perdu 11%, sa plus mauvaise année depuis 2011. Les bourses du monde entier connaissent un mouvement similaire. (DREW ANGERER / AFP)