Législatives 2024 : la retraite devient un sujet au cœur de la campagne

Emmanuel Macron a promis, mercredi que les retraites seraient indexées sur l’inflation. À gauche, le nouveau "Front populaire" prône l’abrogation de la réforme, alors que Jordan Bardella, côté RN, est plus flou sur ses intentions.
Article rédigé par Fanny Guinochet
Radio France
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 3 min
Manifestation à l'appel de plusieurs syndicats dont la CGT pour les salaires, les retraites, les bourses, les minima sociaux, le 29 septembre 2022. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

Le Président de la République a tenu à rassurer nos aînés. "Les économies ne se feront pas sur le dos des retraités" ou encore "le pouvoir d’achat des retraités, ce n’est pas une variable d’ajustement", a notamment indiqué Emmanuel Macron mercredi 12 juin lors de sa conférence de presse. S'il a tenu à préciser aussi clairement sa position, c’est qu’avant la dissolution, la question de l’indexation des pensions était une option mise sur la table par les députés de la majorité pour le budget 2025, et que cette perspective a pu inquiéter des électeurs. 

Cette revalorisation de 5,3% a coûté cher aux finances publiques cette année, près de 15 milliards d’euros ! Emmanuel Macron a redit combien, malgré les oppositions, la réforme qu’il a menée en 2023 était nécessaire pour sauver le régime. Une réforme qui a, on le rappelle, porté l’âge légal de départ pour les salariés du privé de 62 à 64 ans. 

Le retour de la retraite à 60 ans

À gauche, l’alliance rebaptisée le nouveau "Front populaire" prône l’abrogation de la réforme. Jean Luc Mélenchon de LFI a répété, mercredi sur France 2 que "l’objectif était bien le retour à 60 ans !" "Si la gauche arrive au pouvoir, les plus de 62 ans partiront immédiatement à la retraite, assure-t-il.

Quant au RN, le parti d’extrême droite promettait depuis longtemps un retour à la retraite à 60 ans, mais depuis le début de la semaine, Jordan Bardella se montre plus flou, notamment depuis son alliance avec Éric Ciotti des LR, qui était partisan de porter l’âge légal à 65 ans. Jordan Bardella assure désormais qu’il s’occupera de revoir la réforme Macron mais dans un second temps, c’est-à-dire derrière l’immigration, et le pouvoir d’achat. 

Le risque de creuser encore le déficit du régime

Même avec la réforme d’Emmanuel Macron, les comptes sont dans le rouge, et les projections budgétaires bien plus mauvaises que prévu. En raison d’une démographie nettement moins élevée qu’attendue, d'une croissance atone, et d'une productivité qui ralentit. Le dernier rapport du COR, du conseil d’orientation des retraites, prévoit un déficit de 14 milliards d’euros d’ici 2030, soit deux fois plus qu’estimé en 2023 !

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