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Le décryptage éco. Zone euro, enfin le rebond !

La rapport de la Commission européenne à Bruxelles l'annonce : la zone euro va mieux. Les signaux positifs sont de plus en plus nombreux.

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Membres de la Commission européenne à Bruxelles, le 22 février 2017.
Membres de la Commission européenne à Bruxelles, le 22 février 2017. (ALEXANDROS MICHAILIDIS / SOOC)

La zone euro va mieux. C’est à la fois ce que soulignent de nouveaux indices et un rapport de la Commission européenne publié mercredi 22 février à Bruxelles. Ce n’est pas anodin : au moment où en France certains partis, et non des moindres en terme de poids électoral, plaident pour une sortie de notre pays de la monnaie unique, les bons signaux s’accumulent pour la zone euro.

La zone euro concerne aujourd’hui 19 pays, soit huit de plus qu’à sa création en 1999, pour un total de 340 millions d’habitants. Cet ensemble considérable a retrouvé enfin une dynamique de croissance, qui fait qu’en 2016, la croissance moyenne de la zone euro a même été légèrement supérieure à celle des Etats-Unis.

Les efforts français salués

Le rapport publié mercredi par la Commission européenne montre que, globalement, les pays les plus touchés par la crise vont aujourd’hui beaucoup mieux. La Commission avait d’ailleurs appelé globalement à la sortie des politiques d’austérité qui avaient frappé les plus fragiles. Elle dit à présent que plusieurs déséquilibres macro-économiques commencent à être corrigés, c’est le cas pour la France par exemple, dont la Commission salue globalement la trajectoire. La France reste sous surveillance mais devrait sortir en 2018 de la procédure de déficit excessif. La commission se félicite aussi de voir enfin l’Allemagne relancer ses investissements publics et l’appelle d’ailleurs à faire beaucoup plus. Mais la photographie d’ensemble, il faut le souligner, n’a pas été aussi satisfaisante, aussi favorable, depuis des années. La zone euro et même globalement l’Europe sortent enfin de cette longue période de crise près de dix ans après son déclenchement. 

Bond des indices d’activité économique du privé 

L’activité du secteur privé vient d’atteindre un niveau jamais vu depuis six ans. La zone euro est en pleine accélération. Les chiffres sont tombés en début de semaine. En dépit d’une actualité politique internationale assez troublée, la zone euro tire son épingle du jeu. La demande est solide, la baisse de l’euro a dopé la compétitivité des produits européens et les entreprises voient leur carnet de commandes se remplir à un niveau inégalé depuis 2011.

La France et l’Allemagne, et c'est un fait nouveau, sont désormais au coude à coude. En Allemagne, c’est d’abord l’industrie qui dope la reprise, alors qu'en France, ce sont d’abord les services, mais globalement tous les secteurs en profitent. Ces bons chiffres vont avoir un impact favorable sur l’emploi, la diminution du chômage devrait donc se poursuivre et même s’accélérer au printemps 2017. On voit d’ailleurs certains pays afficher des performances spectaculaire en terme de croissance, plus 4,3 % en Irlande, ou plus 3,2 % en Espagne, mais aussi des pays qui affichent désormais un quasi plein emploi comme l’Autriche, les Pays-Bas ou l’Allemagne.

La monnaie unique mieux défendue 

On a souvent tendance à ne pas le voir ou à l’oublier parce qu’on est polarisé sur le débat français, mais le soutien à l’euro demeure extrêmement élevé dans tous les pays de la zone. Il a même progressé de plus de cinq points en six ans, passant de 65 % d’opinions favorables à 70 %. Et de même en France avec une hausse de trois points pour passer de 65 à 68 %.

On est donc très loin du tableau noir parfois imaginé. Bien évidemment, il subsiste des points de vulnérabilité importants de la zone euro, des chantiers majeurs pour compléter l’architecture de la monnaie unique afin d'assurer une plus grande cohérence entre les pays membres. Il reste beaucoup à faire, notamment en lui donnant une représentation démocratique plus effective, mais la zone euro, en sortant enfin de la crise, en retrouvant une dynamique d’activité et de croissance occupe une place. Elle représente une force, notamment de négociation, qui ne va pas être inutile dans ce monde agité qui est désormais le nôtre.

Membres de la Commission européenne à Bruxelles, le 22 février 2017.
Membres de la Commission européenne à Bruxelles, le 22 février 2017. (ALEXANDROS MICHAILIDIS / SOOC)