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Le décryptage éco. Voiture autonome : Renault accélère

Le constructeur automobile Renault veut avancer très vite sur les voitures autonomes et connectées et doit racheter les activités françaises du groupe américain Intel dans la Recherche et Développement.

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Prototype Renault présenté au Mondial de l\'automobile à Paris, le 29 septembre 2016.
Prototype Renault présenté au Mondial de l'automobile à Paris, le 29 septembre 2016. (AURELIEN MEUNIER / GETTY IMAGES EUROPE)

Renault veut monter en puissance rapidement sur le segment des véhicules connectés et autonomes. Il s’apprête à racheter les activités françaises du groupe américain Intel dans la Recherche et Développement. 

Cette acquisition est réellement stratégique pour Renault. Si tout se passe comme prévu, l’opération devrait être finalisée dans quelques semaines mais on ignore pour l’instant le montant de la transaction. Pour les grands de l’automobile, impossible de faire l’impasse sur ces technologies qui préparent la voiture de demain. C’est le nouveau champ concurrentiet, le terrain sur lequel se partageront les parts de marché.

Trouver les compétences est devenu une priorité mais l’offre est déjà limitée car les ingénieurs sont très demandés. C'est la loi de l'offre et de la demande aussi pour la matière grise

Que représente précisément cette branche française R&D d’Intel ?

Le géant américain des puces informatiques emploie à l’heure actuelle quelque quatre cents salariés hautement qualifiés à Toulouse et sur la technopole Sophia Antipolis, dans les Alpes Maritimes. Ces quatre cents personnes travaillent à concevoir des logiciels embarqués sur lesquels Renault a jeté son dévolu pour développer la nouvelle génération d’équipements de ses véhicules. En arrière-plan, il y a la mise à jour à distance de toutes les applications, ainsi que toute une gamme de services personnalisés qui peut générer un business complémentaire et renforcer l'offre client.

C’est une certitude : la voiture de demain sera électrique, connectée et autonome. Renault avait déjà une longueur d’avance avec un système développé à l’interne – le  "R-Link" –, mais les applis offertes par les GAFA (Google, Apple, Facebook et Amazon) l’ont rendu progressivement obsolète. Il était temps d'évoluer.

Renault annonce la voiture entièrement autonome pour 2020

À la vitesse des technologies, 2020 c’est demain. Chez Renault, on reconnaît que l’acquisition des activités d’Intel va faire gagner facilement entre trois et cinq ans au plan de développement initialement prévu. Cela va donc permettre d'accélérer la cadence pour être prêt à temps.

Ce rachat prouve que le groupe reste attaché à la France alors que toutes les compétences dont il est question se trouvent ailleurs dans le monde, certainement à moindre coût. Quand on sait que Renault a pour partenaires les japonais Nissan et Mitsubishi dont la rentabilité est l'objectif absolu, ce n’est pas anodin. La reprise des activités R&D d’Intel sera un soulagement pour au moins une partie des salariés français du groupe américain qui a récemment annoncé un vaste plan d’économies avec suppressions d’emplois partout dans le monde… et la France est visée

Enfin, pour Toulouse c’est un beau coup de publicité. Idem pour la région PACA autour de son écosystème qui fait ses preuves depuis longtemps avec Sophia Antipolis. En matière d’innovation, Renault pourrait travailler rapidement avec l’Imredd (Institut Méditerranéen du Risque, de l’Environnement et du développement Durable), ainsi qu’avec l’Inria, présents sur place. Une opération gagnant-gagnant comme on aimerait en voir plus souvent

 

Prototype Renault présenté au Mondial de l\'automobile à Paris, le 29 septembre 2016.
Prototype Renault présenté au Mondial de l'automobile à Paris, le 29 septembre 2016. (AURELIEN MEUNIER / GETTY IMAGES EUROPE)