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Le décryptage éco. Vers un "Airbus des batteries" pour les voitures électriques

La France et l’Allemagne avancent dans leur projet de consortium européen de batteries automobiles. Une façon de doper les voitures électriques et d'exister face aux Chinois et aux Américains. Le décryptage éco de Fanny Guinochet ("L'Opinion").

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Voiture électrique au salon de Genève, en mars 2019.
Voiture électrique au salon de Genève, en mars 2019. (MAXPPP)

La France et l’Allemagne s'associent dans un consortium européen de batteries de voitures électriques. C’est un vaste projet industriel qui doit permettre de produire très vite des batteries en Europe. Bruno Le Maire et son homologue allemand Peter Altmaier se sont retrouvés jeudi 2 mai à Paris, pour donner un grand coup d’accélérateur à cette alliance franco-allemande. L’objectif affiché est clair : il s’agit de combler le retard européen face à la Chine mais aussi face aux Etats-Unis.

Pour l’instant, l’Europe est aux abonnés absents sur ce marché : elle ne représente que 1% de la production des batteries électriques dans le monde. Il y a donc urgence à se mettre sur ce créneau pour réduire la dépendance de nos constructeurs automobiles européens. À un moment où les ventes de voitures électriques promettent de décoller, du fait notamment des restrictions d'émissions de CO2.

La Commission européenne veut jouer un rôle de facilitateur dans la création de cet "Airbus des batteries", en référence à ce qui a été fait dans l’aéronautique et qui est considéré comme un véritable fleuron franco-allemand. Un consortium va être mis en place dans lequel, il devrait y avoir le groupe PSA et sa filiale allemande Opel, ainsi que la société Saft qui produit déjà des batteries pour des applications industrielles, mais aussi le groupe allemand Siemens. On devrait aussi trouver des sociétés belges, comme le groupe de chimie Solvay. Le rôle de la Commission sera donc de veiller à ne pas fausser la concurrence entre ces différents acteurs.  

3 000 emplois potentiels

Le projet global est aujourd’hui estimé entre cinq à six milliards d’euros. La Commission a d’ores et déjà prévu 1,2 milliard de subventions publiques. Auquel vont s’ajouter quatre milliards d’euros d’argent privé. Ce projet devrait déboucher sur la construction d'ici 2020 d'une usine pilote de 200 emplois en France, puis d'ici 2023 de deux usines de production, l'une en France, l'autre en Allemagne, susceptibles de créer 1 500 emplois chacune.  

Plus de 3 000 emplois devraient être crées. Mais, cet "Airbus des batteries" doit aussi permettre de protéger les emplois existants de l’automobile, en assurant des reconversions. Car entre la fin du diesel et le basculement vers les moteurs électriques, le secteur automobile est aujourd’hui en sursis. Rien qu’en France, on estime qu’il y a jusqu’à 15 000 postes de la filière menacés dans les 10 ans à venir. D’où l’immense espoir mis dans cet "Airbus des batteries". Sans oublier au passage le symbole politique d’une Europe positive à quelques jours des élections européennes.

Voiture électrique au salon de Genève, en mars 2019.
Voiture électrique au salon de Genève, en mars 2019. (MAXPPP)