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Le décryptage éco. Vélos en libre service : Uber jette l'éponge

En raison de la crise du coronavirus, Uber retire de Paris ses 5 000 vélos électriques "Jump" en libre-service. Une douche froide pour les usagers qui n'ont pas été informés. 

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Lancés dans la capitale en avril 2019, les vélos électriques en libre-service Jump (filiale de Uber), Paris, août 2019. 
Lancés dans la capitale en avril 2019, les vélos électriques en libre-service Jump (filiale de Uber), Paris, août 2019.  (OLIVIER BOITET / MAXPPP)

Les 5 000 vélos rouges partagés "en flotte libre" que l’on voyait sur les trottoirs de la capitale ont disparu. Ciglés Jump, du nom de l’entreprise détenue par Uber, ils étaient accessibles via l’application de la plateforme VTC. Pour les usagers, c'est la douche froide car ils n'ont pas été informés et comme il n’y a plus de vélos en libre service à Paris, ils se trouvent démunis.

Uber veut céder ses vélos Jump à Lime

C'est l'une des conséquences de la crise du coronavirus et du confinement. Ces systèmes de mobilités réduites ont vu leur activité fondre comme neige au soleil. Un seul chiffre pour bien comprendre l’ampleur du choc : habituellement, les touristes représentent plus d’un tiers des utilisateurs dans la capitale. Comme ils ne sont plus là, Uber juge que c’est beaucoup trop coûteux. La marque a décidé de céder ses engins et de les transférer à Lime. Lime, c’est un autre opérateur américain, spécialisé surtout dans ls trottinettes en libre service, présent déjà en Europe, et avec qui Uber est en passe de signer un accord. Avec les vélos Jump, Lime veut élargir son offre.

Plus que jamais la demande pour ces systèmes de mobilités est toujours là. L’attente est forte, la bicyclette a le vent en poupe et l’activité devrait même redémarrer plus fort qu’avant. On le voit en Chine, par peur du virus, la fréquentation du métro est en baisse et l'utilisation des vélos partagés connaît un grand succès. Il y a un marché mais il faut du temps pour que l'activité soit rentable, raison pour laquelle Uber jette l’éponge. L’enseigne avait pourtant lancé en grandes pompes ses vélos électriques dans la capitale, il y a à peine un an. Et il n’y a pas qu’à Paris que ces engins disparaissent. C’est aussi le cas à Bruxelles, à Rome ou encore à Londres.

Un révélateur de la fragilité d'Uber

Avant le Covid déjà, la plateforme de VTC n’avait toujours pas trouvé son modèle et était déficitaire. La crise n’a rien arrangé, bien au contraire. Rien qu’en avril, dans ses VTC, il y avait 80% de passagers en moins. Et en quelques semaines, Uber a licencié a tour de bras : près d’un quart de ses employés dans le monde ont été licenciés, ce qui représente 7 000 emplois en moins. Ça ne concerne pas les chauffeurs qui ne sont pas salariés mais les fonctions supports dans les bureaux. Dans ce contexte, Uber fait la chasse aux coûts, et prend donc le parti de se recentrer sur son coeur de métier : le transport de passagers mais aussi la livraison de nourriture avec Uber Eats. L’objectif est de redimensionner l’entreprise pour tenter de lui redonner du souffle.

Lancés dans la capitale en avril 2019, les vélos électriques en libre-service Jump (filiale de Uber), Paris, août 2019. 
Lancés dans la capitale en avril 2019, les vélos électriques en libre-service Jump (filiale de Uber), Paris, août 2019.  (OLIVIER BOITET / MAXPPP)