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Le décryptage éco. Un rapport préconise un meilleur accompagnement des contrats aidés

Jean-Marc Borello, président du groupe SOS remet mardi un rapport à Muriel Pénicaud, ministre du Travail, sur les contrats aidés. Le rapport a été commandé en septembre au moment de la grogne sur la baisse des contrats aidés.

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Jean-Marc Borello, président du directoire du groupe SOS.
Jean-Marc Borello, président du directoire du groupe SOS. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Jean-Marc Borello, président du groupe SOS remet mardi 16 janvier un rapport à Muriel Pénicaud sur les contrats aidés. Le rapport va être remis dans la matinée à la ministre du Travail. Rappelons que c’est un rapport qui a été commandé en septembre au moment de la grogne sur la baisse des contrats aidés à Jean-Marc Borello, un patron de l’économie sociale et solidaire, ancien éducateur, à la tête du groupe SOS. Ce dernier, rentable en faisant de l’insertion, est composé de centres pour jeunes, de maisons de retraite, d’hôpitaux. Ce patron de gauche, que l’on surnomme le "Bill Gates social", proche d’Emmanuel Macron, a eu pour mission de passer en revue les dispositifs d’emplois aidés et voir comment les améliorer. 

"Parcours accompagnement compétences"

Selon les conclusions de ce rapport, les formules actuelles des emplois aidés par l’Etat (des emplois jeunes de Lionel Jospin, aux emplois d’avenir de Hollande etc.) ne fonctionnent pas vraiment. À peine 36% seulement des personnes en emploi aidé ont une formation de trois heures en moyenne par mois pour insérer les gens les plus fragiles : cela n'est pas suffisant. Il serait ainsi souhaitable que l'accompagnement soit plus poussé.

Jean-Marc Borello propose par exemple de créer un nouveau contrat, qui s’appellerait "Parcours accompagnement compétences". Avec une nouveauté, qui consisterait à sélectionner les employeurs mais aussi de trouver à la personne une aide au logement si nécessaire, une aide à la mobilité, une aide pour garder les enfants, une aide en matière de santé, un coaching pour retrouver confiance en soi, etc.

Les autres contrats aidés ne disparaîtraient pas

Le gouvernement, qui veut simplifier les choses, envisagerait à terme de fondre tous les dispositifs qui existent dans ce nouveau parcours plus efficace. En tout cas, la circulaire pour lancer le nouveau dispositif est prête, ce nouveau contrat s’adressera aux personnes les plus fragiles, les jeunes et vieux, les chômeurs de longue durée. On reste sur la logique de contrat aidé actuel financé à 50% par l’Etat et 50% par la collectivité locale, l’association qui embauche mais, il devrait s’y ajouter une partie des 15 milliards d’euros qu’Emmanuel Macron a promis pour la formation.

Pas plus de contrats aidés

Malgré les critiques, le gouvernement reste ferme sur sa logique de 200 000 nouveaux contrats en 2018, contre 320 000 en 2017 et plus de 400 000 par an sous le quinquennat Hollande. L’idée est d’en faire moins mais mieux, et s’inspire du Danemark ou de la Suisse, lesquels ont des systèmes de ce type qui donnent plutôt de bons résultats. L'avenir dira si la formule fonctionnera... Car les rapports qui préconisaient les mêmes recettes ne manquent pas. Notamment la Cour des comptes. Le chômage structuel, lui, reste par ailleurs toujours très élevé : 1,5 million de gens cherchent un travail depuis plus de deux ans.

Jean-Marc Borello, président du directoire du groupe SOS.
Jean-Marc Borello, président du directoire du groupe SOS. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)