Le décryptage éco, France info

Le décryptage éco. Un nouveau soutien financier pour Air France

Paris et la commission européenne ont enfin trouvé un accord de principe. Il doit être validé lundi lors d’un conseil d’administration de la compagnie aérienne. Le décryptage éco de Fanny Guinochet.

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
Un avion d\'Air France (illustration).
Un avion d'Air France (illustration). (SÉBASTIEN BERRIOT / RADIOFRANCE)

On ne connaît pas le montant de cette nouvelle aide, car il sera discuté avec Air France lundi 5 avril, au cours d'un conseil d'administration, explique le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, en charge du dossier. Mais cette nouvelle aide promet de se chiffrer en milliards d’euros tant la compagnie est en sursis.

Avec la crise, et les avions cloués au sol, le groupe Air France KLM a perdu, l’an dernier, les deux tiers de ses clients. Sa dette a quasiment doublé à 11 milliards d’euros. Autant dire que les 7 milliards d’euros injectés par l'État l’an dernier sous forme de prêts ne suffisent pas. Il y a encore quelques semaines, la directrice générale d’Air France, Anne Rigail, alertait, expliquant que "la compagnie n’était pas immortelle !"

Un nouveau soutien vital et sous conditions

C’est le résultat d’une difficile négociation entre la commission européenne et la France, qui a duré plusieurs semaines, une discussion indispensable pour respecter le droit de la concurrence. L’accord de principe trouvé est qualifié de "bonne nouvelle" par Bruno Le Maire, même si ce ne sera pas "un chèque en blanc", prévient le ministre. En échange de l’aide financière, Air France va devoir faire d’importantes concessions. 

La première : abandonner un certain nombre de créneaux d’atterrissage et de décollage au départ de l’aéroport d’Orly. Selon Bruno Le Maire, la commission européenne demandait qu’Air France laisse 24 créneaux, un chiffre beaucoup trop élevé, qu'il dit avoir réussi à faire baisser. On ne sait pas jusqu’à combien mais pour la compagnie, c’est de toute façon un coup dur, car Orly est LA plateforme de sa compagnie à bas coûts Transavia.

A priori pas de suppression de postes

Ceet diminution des créneaux tombe mal, car par ailleurs, avec la loi sur le climat, Air France doit arrêter les liaisons intérieures qui peuvent être faites en train en moins de 2h30, comme Orly / Bordeaux ou Orly / Lyon. Enfin, la compagnie envisage de fermer partiellement trois bases dans le sud : Toulouse, Marseille, et Nice, ce qui occasionne la mobilisation des salariés.

Il faut dire qu’elle a déjà beaucoup coupé dans les effectifs. Ils ont fondu de plus de 10 % en un an. Et les plans de restructuration en cours prévoient encore des  départs : environ 4 900 d’ici deux ans pour Air France. La direction de la compagnie envisage des baisses de salaires des personnels, mais aussi des suppressions de congés et RTT… Histoire de baisser encore les coûts.

Un avion d\'Air France (illustration).
Un avion d'Air France (illustration). (SÉBASTIEN BERRIOT / RADIOFRANCE)