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Le décryptage éco. Thomas Cook met la clef sous la porte, la fin d'un modèle pour le plus vieux voyagiste du monde

Thomas Cook, le plus vieux voyagiste du monde, va disparaître. Il annonce être en faillite. Un vrai coup de tonnerre dans le monde du tourisme. Comment Thomas Cook est-il arrivé là ? Le décryptage éco de Fanny Guinochet ("L'Opinion").

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Une agence Thomas Cook à Londres (Grande-Bretagne).
Une agence Thomas Cook à Londres (Grande-Bretagne). (TOLGA AKMEN / AFP)

C'est un vrai choc dans le monde du tourisme. Thomas Cook, le plus vieux voyagiste au monde, a annoncé lundi 23 septembre sa disparition. Dans un communiqué, le PDG se dit désolé de ne pas avoir réussi à sauver la société. Depuis plusieurs années, l'agence de voyages britannique, crée en 1841 et pionnière des séjours de masse, était en difficulté. L'enseigne avait pourtant survécu aux 2 guerres mondiales mais Thomas Cook n’a pas résisté à la concurrence des tour-opérateurs qui tirent sans cesse les prix vers le bas. Et, surtout, il n’a pas su contrer à temps l’arrivée des sociétés de voyages sur internet. 

Une faillite due à l'endettement du groupe

Tout le week-end, Thomas Cook, surendetté, a tenté de trouver en urgence 225 millions d'euros pour se renflouer. Depuis 2011, le voyagiste a versé plus d’1,5 milliard d’euros rien qu’en intérêts bancaires. Il y a moins de trois semaines, une entreprise de tourisme chinoise est pourtant entrée au capital et a injecté plus d’un milliard d’euros dans les caisses. Mais cela s'est avéré insuffisant et aucun nouvel investisseur n'a voulu relever ce défi.

La fin d'un vieux modèle du tourisme

Une page se tourne. La disparition de Thomas Cook marque la fin de l’agence traditionnelle, l’agence "à la papa", dans un secteur du tourisme en pleine recomposition.

Plusieurs facteurs expliquent ce bouleversement : l'arrivée des compagnies low-cost et des plateformes comme Airbnb, la flambée des prix du kérosène pour les avions, et la multiplications des attaques terroristes qui dissuadent les vacanciers de partir à l’étranger. Par exemple, la Tunisie et Egypte, étaient des destinations phares de Thomas Cook. Aujourd’hui, les touristes hésitent à y aller.

Le groupe britannique a aussi été victime du flou entourant le Brexit et de la chute de la livre qui ont encore fait sombrer ses ventes.

Que va-t-il se passer pour les salariés ?

Les agences de voyage et ses hôtels vont fermer. La centaine d’avions que Thomas Cook possède est clouée au sol et les 22 000 salariés vont se retrouver au chômage.

Quant aux 600 000 touristes dont les 10 000 français qui séjournent actuellement dans 16 pays différents via Thomas Cook, l’enseigne devra organiser leur retour. Ce rapatriement gigantesque mobilisera l’ensemble de la profession. Il faut s'attendre à d'importantes perturbations.                    

Une agence Thomas Cook à Londres (Grande-Bretagne).
Une agence Thomas Cook à Londres (Grande-Bretagne). (TOLGA AKMEN / AFP)