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Le décryptage éco. SNCF : l'ouverture à la concurrence, c'est parti !

C’est une première historique qui marque le coup d’envoi de la réforme SNCF. Le gouvernement ouvre à la concurrence deux lignes ferroviaires : Nantes-Bordeaux et Nantes-Lyon. Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Opinion").

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Un train Intercités, en 2017.
Un train Intercités, en 2017. (BRUNO LEVESQUE / MAXPPP)

Six mois après l’adoption de la réforme de la SNCF par le Parlement, la concurrence – tant redoutée par les syndicats, mais dictée par l’Europe –  devient une réalité. Et deux lignes Intercités pourront donc être exploitées par une autre entreprise que la SNCF. C’est historique.

Toutefois, ce n’est qu’à partir de 2022 que ces lignes pourraient changer de mains Le délai est long parce qu’il y a une procédure à respecter : l’Etat doit lancer un appel d’offres, avec un cahier des charges précis et ce n’est donc que dans trois ans que le gagnant de cet appel d’offres prendra réellement les manettes. La SNCF pourra candidater pour garder l’exploitation de ces lignes au même titre que les autres sociétés privées qui postuleront.

Le pari : améliorer le service

Du mieux pour les utilisateurs ? Normalement, l’offre de transport devrait s’améliorer, c’est ainsi en tout cas que le ministère des Transports présente le changement à venir. L’idée est que l’entreprise où les entreprises qui reprendront ces lignes investiront pour en retirer un bénéfice, mettront alors en place de nouveaux services pour les voyageurs, amélioreront la ponctualité, soigneront l’accueil, etc., là où la SNCF n’avait pas les moyens de le faire.

L’objectif est aussi que ces lignes puissent augmenter leur fréquence. Aujourd’hui, Nantes-Bordeaux, c’est seulement trois allers-retours par jour et à peine 680 000 passagers par an. Nantes-Lyon, c’est 380 000 clients sur deux allers-retours quotidiens. Avec l’ouverture à la concurrence, il y a la volonté de faire augmenter la part du train dans les transports en France.  

L’objectif est aussi de réduire les coûts. Le ministère s’en défend en disant que ce n’est pas le seul critère, mais c’est évident. Dans les autres pays, ça a d’ailleurs plutôt eu cet effet. En Allemagne, par exemple, depuis la libéralisation ferroviaire, le trafic passager a progressé de plus de 30% quand le budget fédéral consacré à ce secteur par la puissance publique a baissé de 20 %. En Angleterre, en revanche, le bilan est moins probant. Les coûts ont baissé mais la qualité aussi. Et le prix des billets a explosé.

Les lignes Nantes-Lyon et Nantes-Bordeaux n’ont pas été choisies au hasard. Ce sont les anciens Corail. La plupart des lignes de ce type sont aujourd’hui gérées par les régions qui ouvriront leur marché à la concurrence progressivement mais Nantes-Lyon et Nantes-Bordeaux sont encore dans l’escarcelle de l’Etat. Ce sont des liaisons déficitaires, qui coûtent par an 25 millions d’euros à l’Etat. Bref, elles sont loin d’être stratégiques mais sur l’ouverture à la concurrence, elles seront pionnières et donc regardées de près.

Un train Intercités, en 2017.
Un train Intercités, en 2017. (BRUNO LEVESQUE / MAXPPP)