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Le décryptage éco Ryanair a perdu 20 millions d'euros en un trimestre : vers la fin d'un modèle ?

La compagnie irlandaise à bas coûts se réorganise pour retrouver des marges. 

Un avion de Ryanair (illustration).
Un avion de Ryanair (illustration). (NICOLAS BLANZAT / RADIO FRANCE)

C’est  un vrai virage pour la compagnie irlandaise à bas coûts qui tente de reprendre du souffle, après une année 2018 sombre : entre octobre et décembre, Ryanair a énormément perdu d’argent. Moins 20 millions d’euros alors qu’à la même époque, l'an dernier, elle enregistrait un bénéfice net de plus de 100 millions d'euros.

En cause : la concurrence effrenée

Ryanair a beaucoup souffert de la concurrence. Désormais, toutes les compagnies ont développé des modèles low-cost, sur le segment du court-courrier en Europe. Pour Air France, c’est Transavia par exemple. Dans ce contexte, Ryanair a beaucoup baissé ses prix : le prix moyen d'un vol a reculé de 6% pour se situer à moins de 30 euros. Et forcément, cette contraction a réduit ses marges, surtout dans un contexte de flambée du pétrole. Pourtant, la compagnie a enregistré 8% de passagers en plus l’année dernière, mais ça n’a pas suffi.

Et Ryanair a aussi connu plusieurs grèves l’année dernière. Dans plusieurs pays, cet été, il y a eu des débrayages et même une grève européenne en septembre. Les salariés ont dénoncé une pression permanente et des cadences effrénées. Le système social est loin d’être un modèle en son genre : les hôtesses et stewards ne sont payés qu'à partir du moment où l'avion commence à rouler. Les pilotes ont le statut d’autoentrepreneurs, ce qui veut dire aucune protection sociale… Et devant la fronde des navigants, le patron de Ryanair, Michael O'Leary s’est montré inflexible. Mais ces turbulences sociales ont pesé sur les gains de la compagnie car elle a du mal à recruter, et n’a pas assez de pilotes pour ses vols.

Pour se relancer, Ryanair se réorganise

Ryanair veut retrouver de l’agilité dans son organisation en créant quatre filiales aériennes. Il y aura donc maintenant quatre compagnies : Ryanair DAC en Irlande, Ryanair UK au Royaume-Uni, Laudamotion en Autriche et Ryanair Sun en Pologne. Ces filiales auront cependant chacune leur propre directeur général et leur équipe de direction. Michael O'Leary, reste à la tête du groupe jusqu'en 2024, mais cette nouvelle structure a pour but de mettre de la distance entre l'homme et les syndicats.

Cette struturation en filiales est aussi une façon pour la compagnie de protéger ses droits de trafic au départ du Royaume-Uni dans l’hypothèse d’un Brexit sans accord.

Des nouvelles lignes

Et puis Ryanair investit aussi dans de nouvelles lignes La semaine dernière la compagnie a annoncé l’ouverture de nouvelles dessertes, Poitiers-Manchester. Il y a quelques mois encore, elle annonçait aussi l’ouverture de deux bases en France, une à Bordeaux, l’autre à Marseille.  

Enfin, la compagnie compte aussi beaucoup sur ses "revenus annexes", c’est à dire ceux qui sont générés par les commissions sur les locations de voitures, les nuits d'hôtels, les ventes à bord...  Mais aussi les bagages en cabine que Ryanair fait désormais payer. Tous ces services qui sont facturés séparément, en plus du prix du billet, ont augmenté de 26% au dernier trimestre.

Ryanair table encore sur des bénéfices élevés pour l'ensemble de l'année : entre 1 et 1,1 milliard d'euros contre 1,5 milliard l’an dernier. Elle reste la plus rentable des grandes compagnies européennes    

Un avion de Ryanair (illustration).
Un avion de Ryanair (illustration). (NICOLAS BLANZAT / RADIO FRANCE)