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Le décryptage éco. Quel bilan un an après le lancement du plan pauvreté ?

Emmanuel Macron visite mardi 10 septembre un chantier d’insertion à Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne), un an après le lancement d'un vaste plan pauvreté. Le décryptage éco de Fanny Guinochet (L'Opinion).

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Un homme sans-abri, à Caen, le 14 septembre 2018.
Un homme sans-abri, à Caen, le 14 septembre 2018. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)

Selon le gouvernement, plusieurs volets du plan pauvreté ont déjà été mis en place, un an après son lancement par Emmanuel Macron qui se déplace sur un chantier d'insertion à Bonneuil-sur-Marne (Val-de-Marne) mardi 10 septembre. Parmi les mesures les plus marquantes : les petits-déjeuners distribués dans les écoles aux enfants les plus défavorisés. D'après l'exécutif, 100 000 élèves en bénéficient depuis la rentrée de septembre 2019. Un soutien aux 3 500 collectivités locales a également été instauré pour aider ces enfants les plus pauvres à avoir accès à la cantine. 

Il y a aussi la création de maraudes spécifiques pour les familles sans domicile fixe, afin d'éviter que des enfants ne dorment dans la rue. Ces mesures concernent surtout les enfants et les familles monoparentales. Ce sont aujourd'hui les principales victimes de la pauvreté. En France, un enfant sur cinq vit dans un foyer pauvre.

80 000 guichets de conseil budgétaire

Des mesures plus larges, qui s'adressent à un plus grand nombre, ont été mises en place dans le cadre de ce plan pauvreté. 80 000 guichets "en conseil budgétaire" ont par exemple été ouverts, Comme leur nom l'indique, ils visent à accompagner les plus démunis à mieux gérer leur budget, à revoir leur offre de téléphonie mobile, à éviter le surendettement, à demander des aides auxquelles ils peuvent prétendre. Des mesures d'insertion vers l'emploi ont aussi été prises.

Selon le gouvernement, près d'un milliard et demi d'euros a été déployé pour la mise en œuvre de ce plan cette année. Une grande partie est absorbée par la prime d'activité élargie, qui vient aider les travailleurs pauvres. Pour le reste des mesures, l'exécutif évalue l'ensemble à 700 millions d'euros cette année.

14% des Français vivent sous le seuil de pauvreté

Pour les associations, ce n'est pas assez. Selon elles, la pauvreté ne régresse pas. En France, la pauvreté monétaire est assez stable, 14% de personnes vivent avec moins de 1 026 euros par mois, mais ce chiffre masque des disparités. Quand on regarde de près, la situation a plutôt tendance à s'améliorer pour les moins pauvres d'entre eux, par exemple pour ceux qui sont proches de l'emploi et qui bénéficient de la baisse du chômage ou qui perçoivent la prime d'activité. En revanche, pour les personnes en très grande pauvreté, la situation a tendance à se dégrader.  

La France reste parmi les pays les plus redistributifs en termes de revenus. Selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES) qui dépend du ministère de la Santé, l'aide au logement, la prime d'activité et les prestations familiales ont permis de faire baisser le taux de pauvreté en France. Estimé à 14 % en 2016, il aurait été de 22 % en l'absence de ces aides sociales. Malgré cela, de plus en plus de Français se sentent pauvres : ils étaient 18% l'année dernière, contre 13% en 2017.                       

Un homme sans-abri, à Caen, le 14 septembre 2018.
Un homme sans-abri, à Caen, le 14 septembre 2018. (CHARLY TRIBALLEAU / AFP)