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Le décryptage éco. Privatisation des barrages : Bruxelles accuse la France de favoriser EDF

Nouvelle manifestation mercredi sur la privatisation des barrages. Un sujet qui est de plus en plus présent dans la campagne des européennes.   

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Barrage hydroélectrique de Fabreges (Pyrénées-Atlantiques).
Barrage hydroélectrique de Fabreges (Pyrénées-Atlantiques). (MAXPPP)

Après les aéroports d’ADP, l’avenir des barrages fait débat. Mercredi 8 mai dans les Alpes du sud, à Savines-le-Lac, des "gilets jaunes" et La France insoumise se mobilisent contre une éventuelle ouverture à d’autres acteurs qu’EDF. Il y a déjà eu plusieurs manifestations en France. C’est un sujet qui monte dans la campagne européenne même si en réalité, il n’est pas nouveau, mais il est revenu sur le devant de la scène, début mars, parce que la commission européenne a mis en demeure la France d’ouvrir à la concurrence ses concessions hydroélectriques.
En fait, Bruxelles accuse la France de favoriser EDF et elle lui demande "la mise en place d’un processus concurrentiel et transparent".

Depuis l’après-guerre, EDF est en position dominante sur le secteur : le groupe a 400 concessions de barrages, ce qui représente 80% du parc hydraulique,
Engie et la compagnie nationale du Rhône en gèrent aussi une petite partie (15%)
L’Etat devrait rester propriétaire à 100% de ses barrages mais doit l’ouvrir à d’autres acteurs qu’EDF.

Le ministère de l’Ecologie dit n’avoir pas encore tranché 

François de Rugy, le ministre de la Transition écologique et solidaire, nourrit la polémique en assurant que la France doit bouger, "que le fait que pendant des années, on n'a rien renouvelé, rien investi a été très néfaste au fonctionnement de nos barrages". Et d’expliquer que s’il y avait une meilleure gestion des barrages et des investissements, la part de l’hydraulique – qui est une énergie propre – pourrait être beaucoup plus importante. Sachant que l’année dernière, – qui a été un bon cru, parce qu’il a beaucoup plu – l’hydraulique a représenté 12,5% de la production électrique en France. 

La première énergie renouvelable en France

Elle a l’avantage en plus de pouvoir être stockée, d’être mobilisée en fonction des besoins de la consommation d’énergie : il suffit d’ouvrir ou de fermer les vannes d’un barrage. Pour les opposants à l’ouverture des concessions, c'est une privatisation dangereuse qui se dessine. Les barrages sont aussi stratégiques qu’un aéroport ou d’autres équipements parce qu’il en découle la gestion de l’eau potable, de l’irrigation mais aussi le refroidissement des centrales nucléaires.

Pour les partisans, les concessions à d’autres acteurs permettront des investissements que l’État n’a pas les moyens de faire et puis il y aura un système de redevances qui pourrait rapporter de l’argent, à la puissance publique, mais aussi aux collectivités locales dans les territoires.

Des entreprises seraient intéressées pour reprendre les concessions 

On parle de Total en pole position mais aussi des entreprises étrangères, comme le Finlandais Fortum, ou encore le Suédois Vattenfall, l’Allemand Eon. Le géant chinois Trois Gorges serait aussi à l’affût. La difficulté aussi, c’est que cela serait un changement culturel pour EDF, ça signerait la fin d’un monopole ! Mais, au-delà du volet économique, c’est surtout un sujet très politique. Début avril, une centaine de députés de tous bords se sont mobilisés contre l’ouverture à la concurrence des barrages.

     

Barrage hydroélectrique de Fabreges (Pyrénées-Atlantiques).
Barrage hydroélectrique de Fabreges (Pyrénées-Atlantiques). (MAXPPP)