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Le décryptage éco. Pourquoi les grèves de pilotes se multiplient dans le transport aérien

Une importante grève touche la compagnie aérienne scandinave SAS. Elle a annulé des centaines de vols dans plusieurs aéroports français depuis vendredi. Ses pilotes demandent des hausses de salaire, comme en France. Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Opinion").

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Un pilote de Turkish Airlines en 2017.
Un pilote de Turkish Airlines en 2017. (BERK OZKAN / ANADOLU AGENCY)

Les pilotes de la compagnie aérienne SAS sont à l’origine d'un mouvement de grève depuis vendredi 26 avril. Ils demandent 13% de hausse de salaires. Ce n’est pas très loin des 10% d’augmentation que demandaient l’année dernière les pilotes de la compagnie Air France. Cette revendication était entre autres à l’origine des 15 jours de grève l’année dernière.

Au final, les pilotes français ont eu gain de cause. La nouvelle direction de Ben Smith chez Air France a du faire un geste. Ils ont obtenu, comme tous les salariés d’Air France, près de 4% d’augmentations en fin d’année dernière. Mais pour les 4 200 pilotes s’est ajouté un accord sur les salaires et les conditions de travail, signé un accord en février dernier, qui prévoit une hausse de 4,3%. Au total, cela fait presque 8,5% d’augmentation, c’est significatif.

La question des salaires au cœur des négociations

Pour les compagnies aériennes, les pilotes sont les piliers. Et c'est compliqué de leur résister : la plupart des compagnies ont augmenté leurs pilotes. +30% chez Delta, + 8% chez Lufthansa, + 20% de hausse chez Ryanair. Alors qu’il y a une très forte concurrence dans le secteur du transport aérien, plusieurs sociétés ont essayé, pour réduire leurs coûts, d’alléger leur masse salariale, leurs effectifs, mais aussi de limiter les hausses de salaires de leurs navigants ou encore d’augmenter la productivité. Et la plupart ont dû se heurter à des mouvements de grève. 

Plusieurs compagnies ont d’ailleurs fait faillite ces derniers mois. C’est l’hécatombe notamment chez les compagnies à bas coûts. En 2018, mais aussi lors du premier trimestre 2019, une dizaine d’entre-elles a mis la clef sous la porte. L’équation est complexe actuellement : toutes les compagnies aériennes doivent faire face à la flambée des prix du pétrole. Mais, il y a aussi les habitudes des voyageurs qui veulent avoir accès aux meilleurs prix et ne veulent pas payer plus cher.  

En France, une grève des pilotes est prévue en mai. Un préavis a été déposé par le SNPL, le plus important syndicat de pilotes. Cette fois, les revendications ne concernent pas une compagnie en particulier : le préavis est national et porte sur leur convention collective. Les pilotes craignent que leur représentativité ne disparaisse dans le cadre de la loi sur les mobilités. Ils demandent aussi des garanties sur le maintien de leur caisse de retraite spécifique alors que s’annonce la future réforme des retraites Les pilotes menacent de débrayer pendant presque une semaine complète, en mai, du lundi 6 au samedi 11 inclus.

Un pilote de Turkish Airlines en 2017.
Un pilote de Turkish Airlines en 2017. (BERK OZKAN / ANADOLU AGENCY)