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Le décryptage éco. Pourquoi le rapport du Conseil d'orientation des retraites risque de mettre un peu plus le feu aux poudres

Un déficit entre 8 et 17 milliards d'euros pour le système des retraites en 2025. Ces estimations vont-elles inciter le gouvernement a prendre des mesures avant 2025 ? Le décryptage de Fanny Guinochet ("L’Express").

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Manifestation contre la réforme des retraites à Paris, le 8 octobre 2019.
Manifestation contre la réforme des retraites à Paris, le 8 octobre 2019. (JACQUES DEMARTHON / AFP)

Entre 8 et 17 milliards d’euros de déficit pour le système des retraites en 2025. C’est la dernière estimation du Conseil d’orientation des retraites. De quoi attiser encore les tensions sociales.

Ce rapport confirme que le système des retraites ne sera pas à l’équilibre en 2025, date à laquelle Emmanuel Macron veut mettre en place le futur système universel unique. Et le président a toujours dit qu’il fallait que les comptes soient dans le vert au moment de la bascule et là, il manquera entre 8 et 17 milliards d’euros. Ce rapport, commandé en septembre par le gouvernement, alimente donc sa thèse : celle de prendre des mesures rapidement pour juguler le déficit. Souvenez-vous, à Rodez il y a quelques semaines, Edouard Philippe avait lancé : "Si le Conseil d’orientation des retraites nous dit 'Il manque 8 à 10 milliards', on devra dire 'Il faut travailler un peu plus longtemps'."  Et bien, voilà, on y est !  

Un rapport qui propose plusieurs pistes

Parmi ces pistes,la première, classique, est un recul de l’âge de départ à la retraite pour les générations nées après 1963, c’est-à-dire pour les gens âgés de 56 ans ou moins aujourd’hui. Et de le fixer entre 63 et 64 ans et demi alors qu’aujourd’hui, l’âge légal est à 62 ans. Cette option, Emmanuel Macron l’a, jusqu'a présent  toujours écartée.

Le rapport plaide aussi pour un allongement progressif de la durée de cotisation, pour aller jusqu'à 45 ans cotisés, contre 42 aujourd’hui. 

Enfin, une des options est de mettre un système de surcote et de décote, pour inciter les Français à travailler plus longtemps. Ceux qui partent avant un âge minimal auraient un malus, et ceux qui partent après un bonus. C’est d’ailleurs ce que propose Jean-Paul Delevoye, le Haut commissaire à la retraite, avec la création d’un âge pivot dans le futur système universel, un âge pivot fixé à 64 ans.  

Dans l'attente des décisions du gouvernement

Va-t-il oser suivre ces recommandations un an après le début des "gilets jaunes", et alors que la grève du jeudi 5 décembre promet d’être suivie ? Va-t-il totalement renoncer à l’équilibre budgétaire ? Le sujet est ultra-sensible, notamment entre le gouvernement et la CFDT. Laurent Berger est favorable au système par points, mais il ne veut pas entendre parler de mesures pour faire des économies avant 2025. Il ne veut pas de mesures d’âges, sans quoi il promet de se mobiliser. Edouard Philippe reçoit les partenaires sociaux la semaine prochaine. À coup sûr, ce rapport va animer les discussions déjà tendues                  

Manifestation contre la réforme des retraites à Paris, le 8 octobre 2019.
Manifestation contre la réforme des retraites à Paris, le 8 octobre 2019. (JACQUES DEMARTHON / AFP)