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Le décryptage éco. Peut-on toujours s’inspirer du modèle allemand ?

Le résultat des élections allemandes sont riches d'enseignement pour ceux qui, comme le gouvernement, souhaitent s'inspirer d'un "miracle allemand" qui n'est pas exempt de défauts. Le décryptage de Fanny Guinochet.

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Angela Merkel, le 25 septembre 2017 à Berlin.
Angela Merkel, le 25 septembre 2017 à Berlin. (ODD ANDERSEN / AFP)

Angela Merkel vient d’être élue pour un quatrième mandat, mais avec un score historiquement bas. Et l’extrême-droite fait une entrée fracassante au Bundestag.  De quoi écorner le fameux modèle allemand …

L'Allemagne a une économie forte, assise sur une industrie puissante, un tissu de PME performantes... Elle est riche de ses excédents – commerciaux et budgétaires – et elle est proche du plein-emploi. Le miracle allemand fait souvent rêver en France. D’ailleurs Emmanuel Macron s’en inspire : il n’y a qu’à regarder les ordonnances qui viennent d’être adoptées pour réformer le Code du travail, et donner plus de dialogue social. Les réformes du Code du travail rappellent les réformes Hartz dans les années 2000, qui ont assouplit le marché du travail allemand.

Par ailleurs, si le gouvernement français a prévu de desserrer un peu la vis par rapport à ses premières intentions, c’est bien un budget d’économie qu’il s’apprête à présenter cette semaine avec 16 milliards euros d’économie à la clef. Or, on le sait, la réussite allemande est le fruit d’un assainissement budgétaire.

Deux Allemagne cohabitent : celle qui réussit et celle des précaires

Pour ce "miracle allemand", il y a un revers de la médaille, et c’est ce revers qui explique en partie la claque d’Angela Merkel et la montée de l’extrême droite. La question des migrants a bien entendu pesé sur le scrutin, mais les problèmes de précarité ont été déterminants. Le chômage a reculé en Allemagne, mais il y a 2,5 millions de personnes qui ont des "mini-jobs" de quelques heures.

De fortes contraintes sont imposées aux demandeurs d'emploi et la pauvreté a beaucoup augmenté. Notamment chez les retraités. Outre-Rhin, un actif sur dix est pauvre, soit 4 millions de personnes.

Angela Merkel a tenté de rectifier le tir en introduisant un salaire minimum en 2015. Il n’empêche, deux Allemagne cohabitent : celle qui réussit avec des contrats à temps plein, et celle des précaires, des pauvres, des petits retraités

L'élection allemande sonne comme un avertissement

Est-ce que l’Allemagne peut rester un modèle pour la France ? Il est probable qu’Emmanuel Macron continue à s’en inspirer. C’est le cas, lorsqu’il s’apprête à former massivement les gens pour faire monter en gamme notre économie,
ou encore lorsqu’il investit dans l’industrie. C’est le grand plan d’investissement de 50 milliards d’euros que le Premier ministre présente lundi 25 septembre.

Mais les résultats des élections allemandes sont un violent avertissement. Alors qu’Emmanuel Macron lance le volet sécurité de la réforme de notre modèle social, il va devoir réfléchir encore un peu plus à de vrais filets pour les plus précaires et les plus fragiles. Histoire de trouver une voie médiane, propre à la France, et ne pas appliquer stricto-sensu les recettes allemandes

Le chiffre du jour. 700 millions d'utilisateurs d’Instagram dans le monde, dont 400 millions qui se connectent au moins une fois par jour. La plateforme photo de Facebook marche très fort, notamment auprès des jeunes. Et elle va accentuer son développement dans la vidéo.

Angela Merkel, le 25 septembre 2017 à Berlin.
Angela Merkel, le 25 septembre 2017 à Berlin. (ODD ANDERSEN / AFP)