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Le décryptage éco. Les conséquence économiques du virus chinois

Face au risque d’épidémie du virus chinois , il n’y a pas que les scientifiques qui sont inquiets, Le monde des affaires aussi. Quelles conséquences pour l'économie ? le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Express").

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Un homme porte une fille dans ses bras, les deux avec un masque pour se protéger des virus, à Pekin (Chine), le 24 janvier 2020.
Un homme porte une fille dans ses bras, les deux avec un masque pour se protéger des virus, à Pekin (Chine), le 24 janvier 2020. (NICOLAS ASFOURI / AFP)

L'existence du coronavirus en Chine pourrait vite avoir des conséquences économiques importantes. L’inquiétude s’est quasi immédiatement traduite sur les places financières asiatiques, elles ont chuté. Le pétrole a lui aussi perdu du terrain Les investisseurs ont tous en tête le cauchemar de l’épidémie du sras, un virus du même type qui avait fortement freiné l’activité de l’Empire du Milieu en 2003. Et ce que l’on peut dire, c’est que ce nouveau coronarius tombe mal pour l’économie chinoise, déjà très ralentie. On est dans un contexte de deux ans de guerre commerciale avec les États-Unis. En plus, là, on est en plein préparatifs du Nouvel an chinois, ce qui normalement rime avec déplacements, cadeaux, dépenses, business. Et là, les festivités ont été annulées. Il faut s’attendre à des problèmes d’approvisionnement. Bref, c’est un brutal coup de frein pour l’économie du pays.  

La France présente à Wuhan

Déjà, il y a une centaine de sociétés francaises implantées à Wuhan, la mégalopole d’où est parti le virus, et qui est aujourd’hui mise sous cloche. On trouve une usine PSA qui y fabrique des voitures chinoises, il y a aussi Renault mais aussi équipementiers automobiles français (Valeo, Plastic Omnium..). Forcement cette mise en quarantaine va avoir des incidences sur la production. Côté trafic aérien, aussi, il faut s’attendre à des conséquences négatives : en 2003 au moment du SRAS, le trafic aérien vers les principales destinations asiatiques avait chuté de 15% à 25%. Ce serait une mauvaise nouvelle pour des compagnies comme Air France, qui assure plusieurs liaisons avec la Chine par semaine. Et puis, évidemment, on pense au tourisme, à l’hôtellerie.  Chaque année, l’hexagone accueille près de 2,5 millions de touristes chinois. Des clients nombreux qui en plus dépensent : En 2018, leur panier moyen par transaction dépassait les 1 500 euros. Et cette année là, les touristes chinois avaient dépensé plus de quatre milliards d'euros sur le territoire. Si ce flux devait se réduire du fait de l’épidémie, ce serait un manque à gagner important pour Paris et nos territoires.   

Première victime : le luxe

Sacs, robes, maquillages, parfum, maroquinerie, chaussures... les chinois raffolent de cet art de vivre à la Française, ils en sont de gros consommateurs. Et d’ailleurs, le résultat ne s’est pas fait attendre : depuis le début de la semaine, les valeurs du luxe souffrent sur les marchés au sein du CAC40 : LVHM ou encore Hermes figurent parmi les plus lourdes pertes. Ce qui est pénalisant pour notre économie car le luxe, c’est une des principales locomotives de notre commerce extérieur .                           

Un homme porte une fille dans ses bras, les deux avec un masque pour se protéger des virus, à Pekin (Chine), le 24 janvier 2020.
Un homme porte une fille dans ses bras, les deux avec un masque pour se protéger des virus, à Pekin (Chine), le 24 janvier 2020. (NICOLAS ASFOURI / AFP)