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Le décryptage éco. Le retrait de Trump des accords sur le nucléaire iranien produit ses premiers effets

Après le retrait des Etats-Unis des accords sur le nucléaire iranien, des entreprises comme Boeing, General Electric, PSA ou Total ont stoppé leurs projets sur le territoire iranien. Le décryptage de Fanny Guinochet.

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Le groupe PSA avait vendu l’an dernier presque 450 000 véhicules en Iran.
Le groupe PSA avait vendu l’an dernier presque 450 000 véhicules en Iran. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

L’interdiction aux entreprises d’entretenir des relations commerciales avec l’Iran, après le retrait des États-Unis des accords sur le nucléaire iranien, produit ses premiers effets. On a ainsi appris que Boeing ne livrerait pas d’avions à l’Iran : l’avionneur avait pourtant reçu des commandes de deux compagnies aériennes iraniennes, des contrats qui représentaient plus de 20 milliards de dollars. Boeing a fait le choix d’y renoncer pour ne pas s’attirer les foudres de Donald Trump. La firme ne veut pas s’exposer aux sanctions financières que Washington a promis pour les entreprises qui continueraient de commercer avec l’Iran. Les États-Unis leur ont donné à partir du 8 mai, entre 3 et 6 mois pour se retirer ou stopper leurs projets, sans quoi elles s’exposent à de lourdes pénalités financières. Il n’y a pas que Boeing, aux USA, qui suit ces injonctions : Général Electric a fait le même choix. Le paradoxe, c’est que ces commandes assuraient des dizaines de milliers d’emplois aux États-Unis.

Des entreprises françaises renoncent, elles aussi

En France aussi, plusieurs entreprises renoncent et stoppent peu à peu leurs affaires avec l’Iran. C’est le cas de Total qui avait pourtant enclenché des projets très importants de développement et qui avait déjà investi plusieurs milliards d’euros. Outre Total, PSA. Et pour le constructeur auto, le retrait est un coup très dur : le groupe avait vendu l’an dernier presque 450 000 véhicules en Iran. Ce faisant, il fait une croix sur son premier marché étranger devant la Chine… En réalité, la puissance économique américaine et la prépondérance du dollar dans les échanges rend très difficile voire impossible pour une compagnie internationale d’ignorer les menaces de sanctions américaines.

La France a demandé des exemptions

Mais, des pays, dont la France ont demandé des exemptions aux États-Unis. Ainsi, le ministre de l'Économie français, Bruno Le Maire, a diffusé mercredi 6 juin sur son compte Twitter une lettre envoyée cette semaine par les ministres des Finances et des Affaires étrangères de la France, de l’Allemagne et du Royaume-Uni. Dans ce courrier, ces trois pays ont fait valoir qu’ils sont des alliés des Etats unis et ils mettent en avant leur bonne foi et demandent au gouvernement américain des exemptions pures et simples aux sanctions américaines pour leurs entreprises qui ont commencé ou déjà conclu des contrats avec l’Iran depuis l’entrée en vigueur de l’accord nucléaire en 2015. Leur démarche n’a quasiment aucune chance d’aboutir.

En attendant la réponse de Washington à la lettre, l’Union européenne tente d’organiser une riposte aux mises en garde américaines, notamment de façon juridique et réglementaire. Mais le processus promet d’être long et laborieux.

Le groupe PSA avait vendu l’an dernier presque 450 000 véhicules en Iran.
Le groupe PSA avait vendu l’an dernier presque 450 000 véhicules en Iran. (SEBASTIEN BOZON / AFP)