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Le décryptage éco. Le gouvernement fait-il vraiment un geste sur les contrats aidés ?

Le gouvernement annonce 200 000 contraits aidés pour 2018. Un geste pour rassurer tout en maintenant la ligne. Le décryptage de Fanny Guinochet.

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Edouard Philippe au sommet France urbaine, le 20 septembre 2017.
Edouard Philippe au sommet France urbaine, le 20 septembre 2017. (MAXPPP)

Le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé qu’il y aurait 200 000 contrats aidés en 2018. C’est plus qu’attendu, mais c'est surtout l’histoire du verre à moitié plein et du verre à moitié vide. 200 000, ça reste moins que les années précédentes, on en avait 460 000 en 2016. Mais c’est bien mieux qu’attendu, parce que certains tablaient sur à peine 84 000 pour l’année prochaine. On est donc entre les deux.

Edouard Philippe rassure tout en restant sur sa ligne : celle d'une réduction de la voilure. Surtout, le gouvernement joue d’une astuce : il abaisse le taux de prise en charge de ces contrats largement subventionnés par l’Etat. Il ne paiera plus que 50% du coût du contrat contre près de 75% auparavant. En clair, ceux qui voudront les utiliser – les collectivités qui y ont recours pour les jobs dans les cantines, les études, ou encore, les associations – devront mettre la main à la poche.  

Moins de contrats et un dispositif resserré

Pourquoi ne pas garder autant de contrats qu’avant ? Emmanuel Macron l’a souvent dit : ce système est trop cher et pas efficace. Le but de ces contrats est d’aider les gens à s’insérer sur le marché du travail. L’année dernière, cela a couté plus de 4 milliards d’euros à l’Etat, et le chômage n’a pas beaucoup baissé. 

Le gouvernement maintient le dispositif à un niveau de 200 000 mais le resserre : les entreprises privées qui les utilisaient n’y auront plus droit. Ensuite, il cible les contrats aidés sur des secteurs prioritaires : l’urgence sanitaire et sociale (c’est à dire les associations de lutte contre la pauvreté ou d’aide d’urgence) ou encore l’accompagnement des enfants handicapés en milieu scolaire. L’outre-mer aussi sera privilégiée. Le gouvernement promet aussi d’être plus regardant sur ceux qui en bénéficieront : il réserve ces contrats aux jeunes et aux moins qualifiés.

Une priorité réaffirmée à la formation

Est-ce que cette annonce va calmer la grogne ? 200 000, c’est une diminution importante, mais est-ce utile de faire massivement des contrats aidés quand la croissance repart ? Non ! Plutôt que de financer des contrats aidés, le gouvernement table sur la formation. Il promet d’injecter 15 milliards d’euros.

D’ailleurs, tous les futurs contrats seront accompagnés d’une formation, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent. Oui, il y aura peut être du mécontentement,
mais en même temps, cette annonce devrait calmer les élus et les syndicats

Le chiffre du jour. Combien d'années en moyenne les Européens travaillent-ils  dans leur vie active ? 35 ans et demi, selon Eurostat. Les Français, avec 35 années, se situent dans la moyenne européenne.

Edouard Philippe au sommet France urbaine, le 20 septembre 2017.
Edouard Philippe au sommet France urbaine, le 20 septembre 2017. (MAXPPP)