Le décryptage éco, France info

Le décryptage éco. Le bitcoin peut-il devenir une monnaie comme les autres ?

Le bitcoin, la cryptomonnaie, a franchi le seuil de 50 000 dollars l’unité, soit plus de 41 000 euros. Le décryptage de Fanny Guinochet.

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
Deux représentations de pièces Bitcoin. Photo d\'illustration.
Deux représentations de pièces Bitcoin. Photo d'illustration. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

À la question "Est-ce que demain je vais pouvoir payer ma baguette de pain en bitcoin ?", la réponse est non. Du moins pas encore. Ne serait-ce que parce que le bitcoin est une devise virtuelle, qui n’existe pas en pièces sonnantes et trébuchantes. Les transactions ne se font que de façon numérique, selon une technologie particulière, que l’on appelle la blockchain. Sur France Inter, François Villeroy de Galhau, le gouverneur de la banque de France, expliquait mardi 16 février que le bitcoin ne peut pas être considéré une monnaie, car sa valeur n’est pas stable, il est très volatil.  

Pour un marchand qui vend un produit, cette fluctuation sans cesse est problématique : la devise peut perdre du jour au lendemain beaucoup de sa valeur et le vendeur prend donc un risque à chaque fois qu’il accepte un paiement en bitcoin. D’ailleurs, la flambée de ces derniers jours le montre bien :  50 000 dollars l’unité, alors que mi- décembre, il en valait à peine 20 000. Selon François Villeroy de Galhau, le bitcoin est donc surtout un actif spéculatif, une solution pour espérer un gain rapide et facile.  Seule une minorité l'utilise. C’est loin d’être un moyen d’échange accepté par tous, au quotidien, comme l'est une monnaie.  

De plus en plus d’entreprises acceptent des paiements en bitcoins : Dell, Microsoft, Expedia… la liste s’allonge de jour en jour. En octobre dernier, Paypal, le géant des paiements en ligne, a lancé un service d’achats, et de ventes par cryptomonnaie, soit un potentiel de 350 millions d’utilisateurs. Et on voit des footballeurs demander désormais à ce qu’une partie de leurs salaires soit payée en bitcoins. Enfin, la semaine dernière, Elon Musk, le constructeur automobile électrique Tesla a mis 1,5 milliard de dollars dans les bitcoins. Il n’est pas le seul : des entreprises de logiciels, des assureurs, des fonds investissent aussi dans cette cryptomonnaie 

Le bitcoin s’impose de plus en plus  dans l’économie  

Il bouscule de plus en plus l’ordre établi, les institutionnels, dans cette crise, le bitcoin offre surtout une alternative à ceux qui ont de l’argent à placer. Il devient une valeur refuge, comme l’or. Mais avec des risques importants : on ne connaît pas vraiment son origine, qui est derrière. Et surtout, si sa valeur peut rapidement monter, comme en ce moment, tous les experts mettent en garde : elle peut chuter tout aussi vite.  

 

 

Deux représentations de pièces Bitcoin. Photo d\'illustration.
Deux représentations de pièces Bitcoin. Photo d'illustration. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)