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Le décryptage éco. La pression n'est pas qu'un ressenti : la France championne des prélèvements

Le ras-le-bol fiscal est au coeur du mouvement des "gilets jaunes". Et une étude montre qu’en matière de prélèvements fiscaux, la France est la championne d’Europe. Le décryptage éco de Fanny Guinochet ("L'Opinion")

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Enseigne du Trésor public sur un bâtiment à Paris.
Enseigne du Trésor public sur un bâtiment à Paris. (MAXPPP)

Quand on regarde les statistiques d’Eurostat de 2017 qui viennent d’être publiées, on mesure combien le sentiment de trop plein d’impôt n’est pas qu’un ressenti. La pression fiscale dans l’hexagone est réelle. Toutes les taxes, impôts et cotisations sociales réunis représentent, en France, 48,4% du PIB. C’est presque la moitié de la richesse globale produite.

Dit autrement : quand les Français créent 100 unités de richesse grâce à la croissance, à leur travail, l’État en prend la moitié pour fonctionner et c’est un niveau beaucoup élevé qu’ailleurs. En Europe les prélèvements se situent en moyenne à 40% du PIB.

Des prélèvements en hausse

Le niveau de ces prélèvements a encore progressé. La France était à 47,7% du PIB en 2016 contre 48,4% en 201. Mais attention, cette augmentation est surtout liée à la croissance. Plus de gens travaillent et du coup, il y a eu plus de cotisations sociales prélevées sur les employeurs mais aussi les salariés.

D’ailleurs, la France a le plus haut niveau de cotisations sociales d’Europe : c’est plus de 20% de notre PIB. Les cotisations sociales, c’est ce qui permet de financer la retraite, le chômage, la maladie : notre fameux modèle social. Car si la France prélève plus, elle redistribue aussi beaucoup plus.

Ras-le-bol fiscal avec une taxe

Dans ce contexte, la taxe sur les carburants, c’est la goutte de trop ! Mais cela tient aussi à la façon dont notre fiscalité est construite. Car les taxes, la TVA , ou même la CSG, vous les payez quelques soient vos revenus : que vous gagniez 100 ou 1 000 euros, vous payez la même part de taxe sur votre litre d’essence, sur votre baguette de pain, etc.

D’où le sentiment d’injustice fiscale. Alors que pour l’impôt sur le revenu, c’est un peu différent : plus d’un Français sur deux ne le paie pas. Et on paie en fonction de ce que l’on gagne. Quand on regarde le détail, on voit d’ailleurs que 10% des foyers paient 70% de l’impôt sur le revenu. Quant au fameux ISF, l’impôt sur la fortune qu’Emmanuel Macron a supprimé au profit de l’IFI, l’impôt sur la fortune immobilière : il était payé par 1% des contribuables, et rapportait à peine 2% des recettes de l’État. Mais il reste un symbole politique fort, les "gilets jaunes" demandent d’ailleurs son rétablissement.

Emmanuel Macron a promis de baisser la pression fiscale. Il n’est pas le premier à faire cette promesse, qui particulièrement difficile à tenir. Car, il n’y a pas trente-six solutions pour baisser les prélèvements : soit la France s’endette encore, mais on est déjà à un niveau très élevé, soit on baisse la dépense, mais cela veut dire remettre à plat une partie de l’État providence sur lequel nous vivons depuis 1945.  

Enseigne du Trésor public sur un bâtiment à Paris.
Enseigne du Trésor public sur un bâtiment à Paris. (MAXPPP)