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Le décryptage éco. La grève SNCF touche aussi les entreprises

La grève SNCF et ses nombreux dégats collatéraux. De nombreuses entreprises se trouvent en ce moment pénalisées parce qu'elles manquent de produits normalement amenés par les trains de fret.

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Un train de marchandises constitué de wagons de fret.
Un train de marchandises constitué de wagons de fret. (GERARD JULIEN / AFP)

On parle beaucoup de la grève SNCF qui affecte les particuliers, les usagers, mais les entreprises en pâtissent aussi. Partout en France, de nombreux trains de fret sont à l'arrêt, du coup les usines ont du mal à se faire livrer. Cela ralentit les lignes de production, certains salariés se retrouvent au chômage technique. En France, le fret ferroviaire représente 9% du transport de marchandises. On se dit que c’est peu, mais c’est stratégique, car par le fret, on achemine des matières premières, comme de l’acier, du béton, des céréales, du blé, de la farine. Cela touche vite de gros volumes et des secteurs importants comme le BTP, la chimie, la sidérurgie, l’automobile et lors des grèves, le frêt est très impacté, la SNCF estime pendant les derniers jours de grève à peine 15% à 20 % des trains ont pu rouler. 

Système D

Les entreprises se tournent souvent vers d’autres moyens comme le transport fluvial ou routier mais c’est souvent moins pratique. Si les voies fluviales sont plus économiques, elles ne permettent pas de desservir tout le territoire et puis, côté route, un train équivaut grosso modo à 50 voire 60 camions.

Ce qui pose des problèmes de logistique, mais aussi de sécurité car souvent chez ces gros industriels, comme Arcelor Mittal, ou Peugeot, les lignes de frêt arrivent à demeure directement au cœur des sites de production, qui sont configurés pour le rail et pas pour les camions. Et quand c’est possible, à la place des trains,
ce sont des dizaines de poids lourds qui font les allers et venues dans les usines, déchargent sur le site.

Des conséquences lourdes si le conflit perdure

Même si le transport routier récolte la mise à priori, sur la durée il risque d’y avoir des problèmes d’approvisionnement car dans le transport, on manque de chauffeurs et il n’est pas sûr que le secteur absorbe toutes les demandes. Ensuite, le recours à ces solutions alternatives entraîne des surcoûts importants, que toutes les entreprises ne peuvent pas se payer. Enfin, on estime que la dernière grève de 2016 a coûté des dizaines de millions d’euros à la partie frêt SNCF qui n’était déjà pas au mieux de sa forme. Mis bout à bout, ce sont des millions d’euros de pertes pour l’économie d'où l’inquiétude des chefs d’entreprises, parce qu’on parle des grosses entreprises, mais il y a forcement un effet domino, sur les sous-traitants, les prestataires qui sont souvent des petites structures

La semaine dernière la CPME, qui regroupe les TPE et PME a d’ailleurs tiré la sonnette d’alarme sur les effets catastrophiques d’une grève longue. Surtout à un moment où ces entreprises retrouvent des commandes, ça pourrait freiner la croissance.

Un train de marchandises constitué de wagons de fret.
Un train de marchandises constitué de wagons de fret. (GERARD JULIEN / AFP)