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Le décryptage éco. La fuite en avant économique de Vladimir Poutine

Tout le monde s’interroge sur l’attitude de la Russie dans le dossier syrien et plus largement dans la lutte contre Daech, et pour comprendre et décrypter le jeu trouble des Russes, il faut aussi regarder du côté de l’économie.

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Vladimir Poutine, président de Russie en visite en Inde le 16 octobre 2016.
Vladimir Poutine, président de Russie en visite en Inde le 16 octobre 2016. (ALEXEI DRUZHININ / SPUTNIK)

L’économie n’explique jamais tout, mais elle est souvent une clé de compréhension, et, dans le cas de la Russie, cela ne fait aucun doute. Le président Poutine se jette avec une énergie d’autant plus grande dans le conflit syrien que l’économie de son pays est en capilotade. Savez-vous que le Pib de la Russie est inférieur aujourd’hui à celui d’un pays comme l’Italie ? La Russie, l’ex-superpuissance, compte pourtant plus de 144 millions d’habitants, soit deux fois et demie la population de l’Italie.

La société russe est du coup en plein désarroi. Ellle subit un appauvrissement général et semble d’ailleurs se préparer à un repli sur soi. Ces deux dernières années, 2015 et 2016, la Russie a vécu une terrible récession de son économie, autour de moins 5%, c’est un choc d’une très grande violence qu’a subi la société russe. La vérité, bien cachée par la propagande officielle, c’est que la Russie, gérée par un autocrate qui ne supporte plus la moindre contradiction, est en plein déclin économique, démographique, politique. Et si elle demeure certes encore une puissance militaire et nucléaire, elle est isolée, sans véritable allié, ni politique, ni économique. Et aussi cette situation, assez invraisemblable après 17 ans de pouvoir sans partage, que Poutine veut faire oublier en cultivant un ultra-nationalisme et en étant prêt à toutes les fuites en avant internationales.

Poutine affirme pourtant que l’économie russe est désormais en convalescence 

Ces derniers jours, devant un parterre d’investisseurs russes et étrangers, Vladimir Poutine a affirmé que la situation économique est en voie de stabilisation, que la chute du rouble est désormais sous contrôle, que l’inflation est passée de plus de 15% à 6% et que l’exode des capitaux  - qui avait tant affaibli l’économie russe l’an passé - a été divisé par cinq en 2016. Bref, ça irait un peu moins mal cette année que l’année précédente. Sans doute, en tout cas dans les chiffres macro-économique, mais ce n’est pas ce que ressent la population russe. D’autant que le président Poutine a demandé à ses administrations d’apprendre, je cite,  "à fonctionner en temps de guerre". Plusieurs administrations civiles sont désormais mobilisées pour participer à des exercices militaires. La Russie se bunkérise chaque jour davantage, ses réserves fondent comme neige au soleil et les réformes sont repoussées à des temps meilleurs.  

Est-ce que le poids des sanctions occidentales continue de peser ?

C’est indéniable. Les Occidentaux avaient décrété des sanctions au lendemain des provocations russes en Ukraine, elles ont été un temps tentées de les assouplir, mais elles y ont renoncé devant l’activisme militaire sans limite ou presque de Vladimir Poutine. Ses sanctions privent notamment les entreprises russes des technologies et des investissements étrangers dont elles ont cruellement besoin. Dans de telles conditions, aucune politique économique ne peut fournir le moindre résultat. La Russie de Poutine court à grande vitesse vers son déclin et tente de le faire oublier par un aventurisme politique et militaire qui appauvrit sa population et inquiète aujourd’hui toute la communauté internationale. 


La fuite en avant économique de Vladimir Poutine par franceinfo

Vladimir Poutine, président de Russie en visite en Inde le 16 octobre 2016.
Vladimir Poutine, président de Russie en visite en Inde le 16 octobre 2016. (ALEXEI DRUZHININ / SPUTNIK)