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Le décryptage éco. La France va autoriser les tests de véhicules autonomes sans conducteur dès l’année prochaine

Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, veut offrir un cadre juridique et réglementaire pour que la France soit un pays en pointe sur ces technologies.

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Une voiture sans conducteur présentée à Louvain, en Belgique, au vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic, le 2 mai 2018.
Une voiture sans conducteur présentée à Louvain, en Belgique, au vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic, le 2 mai 2018. (THIERRY ROGE / BELGA)

Les expérimentations avec des véhicules autonomes sans conducteur seront autorisées par la France dès l’année prochaine : c’est ce qu’a annoncé le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire. Le ministre veut offrir un cadre juridique et réglementaire pour que la France soit un pays en pointe sur ces technologies. Car selon lui, sur ce marché, la course est mondiale et la France et ses industriels ne doivent pas se laisser distancer.

C'est une opportunité, mais si du retard est pris, cela peut aussi être une menace pour les constructeurs français. Bruno Le Maire s’est engagé à mettre les dispositions dans la loi Pacte – pour les entreprises -, loi qu’il présentera en juin prochain au Conseil des ministres.

Ouvrir des possibilités réglementaires aux industriels

Pourquoi a-t-on besoin d’une loi ? Parce qu’il est urgent d'aller plus loin que les tests actuels. Aujourd’hui, s'il existe des tests de voitures autonomes sur les routes françaises, ces derniers se font sur des tronçons, pour lesquels il faut des autorisations ponctuelles. Surtout, pour l'instant, la législation impose la présence d'un opérateur à bord. Bruno Le Maire veut assouplir ces normes, et préciser les responsabilités s’il y a des accidents, ou des infractions du Code de la route.

Le sujet est important, notamment parce que des accidents ont été relevés dans d’autres pays, comme la voiture Uber sans chauffeur qui a tué en mars dernier un piéton aux USA. Assouplir la réglementation est capital : on se souvient des Sea bubbles, ces voitures volants sur l’eau, qui étaient finalement parties se développer en Suisse tellement il était compliqué de le faire en France, à cause des normes françaises trop restrictives. Enfin, Bruno Le Maire a aussi promis de soutenir financièrement les projets français.

PSA a démarré ses tests en 2015

Il s’agit d’une bonne nouvelle pour les constructeurs : c'est ce qu'a d'ailleurs dit le constructeur français PSA, lequel a démarré ses tests en 2015. Il prévoit de commercialiser d’ici 2021-2023 ses premiers modèles de voitures autonomes. Renault est aussi dans la course, et envisage la commercialisation de voitures semi-autonomes d'ici 2022. On parle des voitures, mais il y aura aussi des navettes autonomes.

Mais, vu la complexité des projets, il faut attendre aussi à des coopérations européennes face à la Chine et aux Etats-Unis. Car pour l’instant, ce sont bien ces deux pays qui restent les mieux placés sur ce créneau, grâce à leur immense marché et leurs nombreuses sociétés présentes sur ces créneaux comme Google, Apple, Tesla Uber côté américain, ou Huawei, Didi, ou Tencent côté chinois…

Une voiture sans conducteur présentée à Louvain, en Belgique, au vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic, le 2 mai 2018.
Une voiture sans conducteur présentée à Louvain, en Belgique, au vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic, le 2 mai 2018. (THIERRY ROGE / BELGA)