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Le décryptage éco. La France est-elle suradministrée ?

Il y a en France, 89 emplois publics pour 1 000 habitants : c’est ce que montre l’étude de France Stratégie, un organisme rattaché à Matignon, publiée jeudi 21 décembre.

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Une pancarte lors d\'une manifestation de fonctionnaires à Paris, le 10 Octobre 2010.
Une pancarte lors d'une manifestation de fonctionnaires à Paris, le 10 Octobre 2010. (MAXPPP)

La France est-elle la championne toutes catégories en matière d’emploi public. Une étude a fait la comparaison avec d’autres pays : si on prend le nombre d’emplois publics, c’est à dire les fonctionnaires ou assimilés, il y a en France, 89 emplois publics pour 1 000 habitants alors qu’il y en a 40 pour 1 000 au Japon, 55 en Allemagne ou 159 pour 1 000 en Norvège .On est donc dans la moyenne haute. C’est ce que montre jeudi 21 décembre l’étude de France Stratégie, un organisme rattaché à Matignon censé nourrir les réflexions du gouvernement. Mais, en France, même si les présidents disent qu’ils supprimeront des postes, les embauches dans la fonction publique se poursuivent : par exemple, l’Insee a comptabilisé 20 000 emplois publics supplémentaires.

Les fonctionnaires français sont-ils mieux payés qu’ailleurs ?

Il y a de fortes disparités de traitement entre les agents de la fonction publique hospitalière, ceux des collectivités locales, ceux de l’Etat. La Cour des comptes vient d’ailleurs d’épingler certains salaires de hauts fonctionnaires de Bercy, jugés trop élevés ( +200 000 euros). Rien à voir avec la paie d’une infirmière d’un hôpital ou un jardinier d’une petite mairie. Pour autant, l'étude montre qu’en moyenne, nos fonctionnaires ne sont pas mieux payés que dans d’autres pays développés. Il y a même des métiers où ils sont plutôt moins bien rémunérés. C’est le cas des professeurs, par exemple, qui sont deux fois moins bien payés que les enseignants allemands ou néerlandais

Les Français rois de la dépense publique ?

C’est vrai. En 2015 et en 2016, le niveau de dépenses publiques de la France a atteint 57% de la richesse nationale. C’est beaucoup. C’est plus que la moitié de notre PIB. Ce niveau de dépenses a augmenté de façon continue depuis 15 ans. Mais, ce qui distingue notre pays, selon l’étude, c’est que l’on verse beaucoup en prestations sociales, en allocations familiales, pensions de retraites, minima sociaux, indemnités chômage, etc.Les prestations sociales, en 2000, représentaient 16% de notre richesse nationale. Aujourd’hui, c’est 20%. Cela tient au vieillissement de la population : forcément, on verse plus de pensions, de retraites. Mais il y a aussi eu une hausse des prestations avec la crise. C’est ce que l’on appelle "les amortisseurs sociaux". L’Etat a aidé les Français à traverser la crise : nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette politique, mais en France, elle a été plus affirmée qu’ailleurs.

Avec la croissance, l'espoir d'une baisse

Si la France connaît une croissance forte et durable, la distribution d'allocations chômage et d'aides sociales diminuera. Cela ne suffira pourtant pas à faire baisser la dépense publique. L’étude montre ainsi que les pays qui ont réussi à le faire comme l’Allemagne ou la Suède, sont ceux qui ont fait d’importantes réformes de l’Etat, du marché du travail etc. Dans le contexte actuel, ces données promettent d’être regardées de près. 

Une pancarte lors d\'une manifestation de fonctionnaires à Paris, le 10 Octobre 2010.
Une pancarte lors d'une manifestation de fonctionnaires à Paris, le 10 Octobre 2010. (MAXPPP)