Le décryptage éco , France info

Le décryptage éco. La colère monte mais les prix du pétrole baissent

Les "gilets jaunes" demandent la suppression de la taxe carbone… Pendant ce temps, les prix des carburants baissent. Le décrryptage éco de Fanny Guinochet ( L'Opinion)

--'--
--'--
Copié dans le presse-papier !
(STÉPHANIE BERLU / FRANCE-INFO)

C’est une drôle de coïncidence mais vous l'avez peut être remarqué en allant faire votre plein : les prix des carburants vendus dans les stations-service ont beaucoup baissé la semaine dernière.

Selon des chiffres officiels, transmis par le ministère de la Transition écologique et solidaire, le litre de gazole – qui est le carburant le plus vendu en France– valait en moyenne 1,42 euro, 2,66 centimes de moins que la semaine précédente. Et l'essence sans-plomb 95 s'affichait à 1,4 euro le litre, soit une baisse de 2,23 centimes.

On en est à plusieurs semaines de baisses de prix. C’est même la quatrième semaine consécutive pour le gazole : en un mois, il a perdu presque 9 centimes. Et pour l’essence, cela fait même encore plus longtemps : deux mois, Du coup, depuis octobre, le prix de l’essence a perdu 14 centimes d’euros.  

Tout dépend du prix du baril du pétrole

Les prix des carburants que l’on paie à la pompe varient en fonction du cours du brut. Et après avoir atteint un pic au début de l'automne, le baril de brut a vu son prix reculer. Début octobre, il était à 86 dollars, on en est loin à présent, puisqu’il est aujourd’hui a 62 dollars. La semaine dernière il est même descendu à 56 dollars.

Le prix du brent fluctue en fonction des stocks, sachant que la production pétrolière est liée à des accords que passent les pays et notamment l’Organisation des pays producteurs de pétrole (Opep) qui ajustent l’offre à la demande, Et là, les cours de l'or noir ont baissé du fait d’une surabondance de l'offre au niveau mondial. En novembre, on a enregistré le recul le plus important en un mois depuis dix ans.  

Il est très délicat de négocier le montant du baril… C’est géopolitique, et autant dire que le gouvernement français n’a pas vraiment prise. Une réunion de l’Opep est prévue jeudi à Vienne, en Autriche, pour savoir dans quelle mesure l’organisation va tenter de freiner la chute des cours du pétrole. L'Arabie saoudite, qui est le leader de l'Opep, jouera un rôle prépondérant dans ce dossier, la Russie (qui ne fait pas partie de l'Opep) aussi. 

Et le prix à la pompe dépend aussi des taxes …

Les taxes représentent presque les trois quart du prix. Là-dessus pour le coup, le gouvernement à la main.  

Les augmentations prévues au 1er janvier étaient de 6 centimes de plus sur le litre de diesel et 3 centimes de plus sur l’essence

Un moratoire sur la taxe carbone, c'est plus de 350 millions en moins dans les caisses de l'Etat. Et la hausse des taxes prévue en janvier devait rapporter plus de 3 milliards par an dans les caisses de l’Etat. S’il y a un gel sur trois mois, un moratoire, l’Etat devra donc se passer de plus de 350 millions d’euros pour boucler son budget. Il y a des chances qu’il compense par d’autres prélèvements.

En attendant, plusieurs dépôts de carburants sont bloqués par les "gilets jaunes", et les pénuries de carburants se font sentir…        

(STÉPHANIE BERLU / FRANCE-INFO)