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Le décryptage éco. Immobilier : les prix se tassent à Paris, les régions en profitent

La crise rebat les cartes : les prix de l’immobilier ont tendance à baisser. C’est ce que constatent les notaires. Le décryptage de Fanny Guinochet.

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Pancarte \"A VENDRE\" devant un immeuble à Ermont (Val-d\'Oise).
Pancarte "A VENDRE" devant un immeuble à Ermont (Val-d'Oise). (OLIVIER BOITET / MAXPPP)

Les notaires se basent sur les compromis de vente, les avant-contrats signés. Et ils notent que le nombre de transactions ont beaucoup chuté ces derniers mois : 18 % de moins par rapport à l’an dernier dans la capitale, contre 4% en moins en région. Côté prix, même si Paris reste toujours à part, avec un mètre carré qui reste supérieur à 10 000 euros, les notaires constatent également une tendance à la baisse : –1,7 % dans la capitale, et cela se tasse aussi pour la petite couronne – 0,1% et la grande couronne – 0,4%. 

Après des années de hausse continue, c’est un changement significatif, surtout que les professionnels notent qu’en province, les prix ont plutôt tendance à se maintenir, voire à augmenter. Cela dépend des endroits, mais  en moyenne, c’est +0,6 % pour les appartements et +1,6 % pour les maisons. C'est le signe d’un rééquilibrage.

Les villes moyennes gagnent en attractivité

Entre les confinements, le virus qui s’installe, la crise qui réduit les budgets, l’envie est très forte de fuir les concentrations urbaines, d’avoir un logement plus grand, un extérieur, une maison avec jardin. L’essor du télétravail rend aussi le rêve possible. En tout cas, de plus en plus de Français cherchent à quitter les métropoles. 

Les villes moyennes sont les premières à profiter du mouvement, notamment quand elles sont bien desservies par les transports. Le réseau immobiliser Fnaim note par exemple un véritable engouement pour Poitiers, à un peu plus d’une heure de Paris en TGV, ou même Orléans où les prix ont gagné +5%. La Bretagne aussi attire. Dans le sud, Nîmes à une demi-heure en TGV de Montpellier gagne +6%. Et c’est nouveau : les investisseurs préfèrent désormais s’orienter vers des placements en province plutôt que dans la capitale.

L’immobilier reste toujours une valeur refuge

Les professionnels notent une très grande prudence des propriétaires, l'immobilier reste une valeur refuge. En dehors des ventes par nécessité, ils préfèrent garder leur bien. Comme un gage de sécurité face à un avenir incertain. C’est pour ça d’ailleurs que le nombre d’offres sur le marché diminue. Côté demandes, ça se réduit aussi : car même si les taux d’intérêt restent bas, l’accès aux crédits se durcit pour de nombreux particuliers. Moins de vendeurs, mais aussi moins d’acquéreurs, en 2021 le marché immobilier va sérieusement ralentir.

 

 

 

 

Pancarte \"A VENDRE\" devant un immeuble à Ermont (Val-d\'Oise).
Pancarte "A VENDRE" devant un immeuble à Ermont (Val-d'Oise). (OLIVIER BOITET / MAXPPP)