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Le décryptage éco. Ikea supprime des postes et s'implante dans les centres-villes

Après s'être développé dans les périphéries des villes, le géant de l'ameublement veut s'adapter aux modes de vie des urbains. Le décryptage de Fanny Guinochet ("L'Opinion").

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Le futur magasin Ikea à Paris, à proximite de la place de la Madeleine.
Le futur magasin Ikea à Paris, à proximite de la place de la Madeleine. (DELPHINE GOLDSZTEJN / MAXPPP)

Ikea taille dans ses effectifs : la marque suédoise a annoncé qu’elle allait supprimer 7 500 postes dans le monde dans les deux ans à venir. Ce n’est pas parce qu’Ikea va mal que ces postes sont supprimés. Bien au contraire, Ikea va bien, ses ventes progressent. Le géant de l’ameublement a annoncé en octobre dernier un chiffre d'affaires de 34,8 milliards d'euros pour 2018. 

Ce plan correspond à un véritable changement stratégique de la marque. Ikea est aujourd’hui surtout implanté dans les périphéries et veut désormais se développer dans les centres-villes. L'enseigne veut s’adapter aux évolutions des modes de vie des clients qui abandonnent peu à peu la voiture et ne peuvent plus se rendre dans des zones excentrées, mais aussi au fait que de plus en plus de personnes déménagent dans des petits espaces.

Des produits adaptés aux petits logements

Il faut donc s’attendre à des magasins à Paris ou Londres. L’été prochain, un Ikea va ouvrir ses portes au cœur de la capitale, à proximité de la place de la Madeleine, mais aussi à Londres au printemps 2019, dans le quartier de Greenwich… On parle aussi d’ouvertures possibles à Tokyo, Shanghai, New York.

C'est à Hambourg qu'Ikea avait installé, il y a quatre ans, son premier magasin en plein centre-ville. Un projet pilote qui a testé un nouveau concept, celui d’offrir des produits adaptés aux logements de taille réduite. Et cela a bien fonctionné. Ikea teste aussi des formules plus thématiques : elle vient par exemple d’ouvrir à Stockholm un site d'exposition de cuisines. A Madrid, c’est un espace dédié aux chambres à coucher.

Et ces évolutions nécessitent une réorganisation des équipes. La maison mère d'Ikea veut simplifier son organisation. Sur un total de 160 000 employés dans le monde, les 7 500 suppressions d’emploi vont surtout affecter les postes administratifs. Mais dans le même temps, dans les deux ans à venir,
la marque prévoit de créer 11 500 postes, affectés à ces nouveaux points de ventes mais aussi au numérique.

Une distribution via le numérique

Car Ikea veut aussi développer le commerce en ligne. C’est même une de ses priorités. Aujourd’hui l’enseigne est en retard sur ce créneau, elle ne réalise que 5% de ses ventes sur Internet. Le numérique, aujourd’hui, c’est là où les enseignes de commerce se développent le plus. Aussi, Ikea va, dès 2019, mettre à disposition 100% de son assortiment en ligne, et pour faciliter le retrait des commandes, la marque va mettre en place de nombreux points de retrait partout dans l’Hexagone.

Par exemple, dans les grandes villes françaises, il y aura 7 000 points relais pour que le client puisse récupérer les petits colis pas très loin de chez lui. Dans le même esprit, la firme parie aussi sur le développement du "Click & Collect", qui permet de commander en ligne et de récupérer ses achats en magasin quand on veut. Avec un nouveau système, qui va être testé dans un tiers des magasins en France : des casiers XXL accessibles 24 heures sur 24 et sept jours sur sept, pour récupérer la commande même après la fermeture des magasins. 

Le futur magasin Ikea à Paris, à proximite de la place de la Madeleine.
Le futur magasin Ikea à Paris, à proximite de la place de la Madeleine. (DELPHINE GOLDSZTEJN / MAXPPP)