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Le décryptage éco. Emmanuel Macron multiplie les réformes en France avec l'Europe en tête

Emmanuel Macron entend bien apparaître comme le jeune dirigeant qui secoue l'Europe. Le décryptage d'Emmanuel Cugny.

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(LUDOVIC MARIN / AFP)

Le président de la République, Emmanuel Macron, a décidé d’aller très vite dans les réformes. SNCF, Code du travail, formation professionnelle, régime d'assurance chômage. Et si derrière cette frénésie se cachait la volonté d'avancer vite, également, sur le terrain européen ?

Emmanuel Macron ne s’en cache pas. Le président de la République entend bien apparaître comme le jeune dirigeant qui secoue le Vieux Continent. Toutes les occasions sont bonnes et imposent leur logique : réformer la SNCF pour la renforcer face à une concurrence qui s’annonce de plus en plus féroce (au sein de l'Europe et au-delà) ; donner aux jeunes les formations adaptées aux besoins des entreprises (en France et plus loin dans le contexte de mondialisation). Bref, la France sur tous les tableaux et tous les terrains.

Sujets locaux, enjeux internationaux

Illustration : lundi 26 février, pendant que tous les yeux étaient tournés vers le Premier ministre Edouard Philippe et ses annonces sur la SNCF, à Bercy, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, planchait sur le projet français de politique industrielle européenne. Un vaste plan sera annoncé le 29 mai prochain.

Peut-être loin des préoccupations immédiates des Français, ces sujets sont complémentaires. En plein débat sur l’accompagnement de la reprise économique, comment assurer la croissance en Europe grâce aux entreprises européennes (donc françaises), grâce à nos savoir-faire et une jeunesse mieux formée ? Objectif : construire des champions industriels (un Google ou un Amazon européen) ou doter l’Europe des mêmes outils de protection de ses intérêts stratégiques que les Etats-Unis et la Chine.

Depuis Trump, la donne a changé

Certains dénonceront de nouvelles déclarations d’intention. On entend dire la même chose depuis des années, c’est vrai, si ce n’est que beaucoup de choses sont en train de se dérouler aux Etats-Unis. La réforme fiscale mise en place par Donald Trump produit déjà ses effets. Le président américain met en place des politiques non-coopératives qui, à terme, pourraient affaiblir le tissu productif européen.

Un seul exemple : le groupe Solvay, premier groupe chimique français, est implanté en Amérique du Nord. Les économies d’impôts offertes par la réforme Trump représentent pour Solvay – sur la seule année 2017 – une augmentation des profits de 6% au niveau mondial. Qui peut résister à la tentation ? Quelle entreprise européenne ne serait pas tentée, demain, de revoir sa stratégie productive pour bénéficier de tels avantages aux Etats-Unis ?

Que faire concrètement ? La réponse tient en deux points : les outils et le financement. Les outils, on l’a vu, passent par la politique industrielle. Quant au financement, il ne s’agit plus d’injecter de l’argent public dont les pays européens ne disposent plus. Il s’agit avant tout de mettre en place des politiques fiscales adaptées, non confiscatoires. Il faut aussi mettre de gros moyens sur la formation. Du terrain européen, on revient directement à nos réformes en France.

(LUDOVIC MARIN / AFP)