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Le décryptage éco. Derrière General Electric, d'autres fermetures de sites et restructurations en cours ou à venir

On parle de la mobilisation chez General Electric à Belfort mais il y a d’autres plans sociaux en cours ou à venir. Le décryptage de Fanny Guinochet ( "L'Opinion"). 

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Des salariés de General Electric bloquent l\'entrée de l\'usine de Belfort  pour demander des embauches, le 1er octobre 2018.
Des salariés de General Electric bloquent l'entrée de l'usine de Belfort  pour demander des embauches, le 1er octobre 2018. (ÉMILIE POU / RADIO FRANCE)

Les syndicats redoutent, après les élections européennes, un plan social chez General Electric à Belfort. Ils appellent à une journée de mobilisation mardi 21 mai.

Il y a plusieurs sites dans l’hexagone où des plans sociaux sont en cours ou se profilent. On a beaucoup parlé de l’usine Ford de Blanquefort en Aquitaine, mais malgré l’engagement de l’État, le site va fermer ses portes cet été, laissant entre 400 à 500 salariés sur le carreau. Ford supprime par aileurs 7 000 emplois dans le monde, a-t-on appris hier. À Rodez, c’est l’usine Bosch qui est elle aussi menacée, cette fois, à cause de la fin du diesel et là aussi ce sont plusieurs centaines d’emplois en sursis. Enfin, le groupe Sequana, propriétaire du papetier Arjowiggins, a été placé en liquidation judiciaire la semaine dernière. Les usines dans la Sarthe mais aussi dans l’Aisne vont licencier. Il y a aussi Nokia dans la téléphonie qui devrait se délester de plus de 400 emplois entre ses sites de Lannion dans les Côtes d’Armor et Paris-Saclay. 

Plusieurs secteurs concernés par les restructurations

Ce ne sont pas uniquement des sites industriels qui sont concernés. Le secteur de la distribution est en pleine réorganisation, à cause notamment de la concurrence du commerce en ligne. Castorama va fermer une dizaine de magasins et supprimer près de 800 postes. Auchan a annoncé la cession de 21 sites, 700 emplois menacés. Carrefour pourrait supprimer jusqu’à 3 000 emplois dans l’hexagone cette année. Bref, c’est hécatombe.

Du côté de la banque, ce n’est pas brillant non plus : un accord prévoyant jusqu’à 700 départs volontaires de la Société Générale vient d’être signé entre la direction et les syndicats. Enfin, l’aérien aussi est en plein bouleversement : Air France a annoncé il y a une dizaine de jours un plan pouvant aller jusqu'à 465 départs volontaires.  

Des plans sociaux à attendre après les élections 

En période électorale, les entreprises évitent de dévoiler leurs projets de restructurations. Il y a un risque après le 26 mai. Parce que les chefs d’entreprise craignent toujours que les fermetures de sites ou les plans sociaux ne fassent la une des journaux et soient instrumentalisés par les politiques. Un dossier avec des emplois en jeu a vite fait de prendre une tournure politique, et cela le rend du coup encore plus difficile à gérer, économiquement parlant. Souvenez-vous, pendant la campagne présidentielle de 2017, comment la fermeture Whirlpool dans les Hauts-de-France était devenue un terrain de duel politique, entre les deux candidats finalistes Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Echaudées, les directions d’entreprise attendent souvent que les scrutins soient passés pour annoncer les mauvaises nouvelles. Elles gardent dans les tiroirs des plans de restructuration. Actuellement, il y en aurait plusieurs chez des sous-traitants automobiles, qui ne sont pas encore dévoilés, mais qui sont en première ligne du fait des tensions commerciales mais aussi des changements écologiques en cours.

On se félicitait la semaine dernière que le chômage baisse. Selon les économistes, on devrait rester sur une tendance à la baisse mais c’est sûr que cette accumulation de dossiers pourrait venir gâcher la fête de l’inversion de la courbe. On rappelle que le taux de chômage est aujourd’hui est à 8,7%. Il y a des créations de postes, tout de même. Plus de 170 000 emplois ont été créés depuis un an dans le secteur privé. Mais ces créations sont souvent moins visibles : ne serait-ce que parce qu’elles se font beaucoup dans les petites entreprises.

Des salariés de General Electric bloquent l\'entrée de l\'usine de Belfort  pour demander des embauches, le 1er octobre 2018.
Des salariés de General Electric bloquent l'entrée de l'usine de Belfort  pour demander des embauches, le 1er octobre 2018. (ÉMILIE POU / RADIO FRANCE)