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Le décryptage éco. Covid-19 : les banques et assurances doivent jouer le jeu

Avec la crise du Covid-19, l'État, après avoir mis en place des aides, demande aux banques aux assurances de faire leur part. Le décryptage éco de Fanny Guinochet.

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Deux enseignes bancaires à Montpellier, le 9 novembre 2017.
Deux enseignes bancaires à Montpellier, le 9 novembre 2017. (MICHAEL ESDOURRUBAILH / MAXPPP)

Avec le confinement et la crise du Covid-19, le gouvernement a étendu les aides aux entreprises en difficulté. Il considère qu'il a fait sa part, et demande aujourd'hui aux banques et aux assurances de faire la leur.

Par exemple, avec la deuxième vague de l’épidémie, le gouvernement étend la possibilité pour les entreprises de contracter un prêt garanti par l’État jusqu’en juin 2021. À charge pour les banques de se montrer souples en donnant du temps aux entreprises, ou de reporter les remboursements, notamment pour celles qui en ont besoin, d’un an supplémentaire. Le ministre de l'économie Bruno Le Maire demande aux banques d’être solidaires dans les semaines à venir, puisqu’avec les nouvelles restrictions sanitaires, les entreprises vont encore être fragilisées.  

Un message : "Chacun doit faire sa part"

Bruno Le Maire s’est aussi tourné vers les assureurs. Il compte sur eux pour créer une nouvelle assurance pour les entreprises en cas de catastrophe sanitaire. Là aussi, Bercy fait pression et pousse le secteur à trouver un système spécifique pour couvrir les entreprises, notamment les plus petites, face au risque de pandémie. Parce que cette crise a surtout montré les manques, et on se souvient tous de la colère des petits patrons n’ayant droit à rien de la part des assurances. Certains ont même porté l’affaire devant les tribunaux. Mais les assureurs expliquent qu’ils ne pourront jamais couvrir toutes les pertes liées au Covid-19 ou aux pandémies, ça reviendrait à mettre le secteur à genoux.  

Mais entre tout ou rien, Bercy leur demande de trouver une manière d’être là, et à force de discussions, une nouvelle assurance pourrait voir le jour. Nous n'en avons pas encore tous les contours mais une chose est sûre : ce nouveau dispositif sera en partie adossé sur l'État, comme c'est le cas pour les catastrophes naturelles. L’aide sera aussi plafonnée ou forfaitaire, c'est-à-dire qu'elle ne pourra pas prendre en charge l’étendue du sinistre, mais que les assureurs ne pourront plus se défausser, ils devront assumer une partie des pertes. 

Il y aura donc un partage des risques entre les assureurs et l'État. Mais cette nouvelle assurance doit-elle être obligatoire ? C’est le cœur du débat. Si la garantie est obligatoire pour toutes les entreprises, ça permet de mieux mutualiser entre les plus petites et les grands groupes, tout en mettant sur pied une sorte de couverture universelle. Mais si c’est obligatoire, ça veut aussi dire une charge en plus pour les entreprises, et en ce moment, c’est difficile à faire accepter. Bruno Le Maire reçoit le vendredi 16 octobre les assureurs pour justement faire avancer ce dossier. Il espère un système opérationnel dès 2021.

Deux enseignes bancaires à Montpellier, le 9 novembre 2017.
Deux enseignes bancaires à Montpellier, le 9 novembre 2017. (MICHAEL ESDOURRUBAILH / MAXPPP)