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Le décryptage éco. Chantiers STX à Saint-Nazaire : la piste du repreneur italien se précise

Le verdict approche pour les chantiers navals de l’Atlantique mis en vente par leur propriétaire sud-coréen. Le tribunal de Séoul dira le 3 janvier 2017 qui reprend les chantiers STX-France basés à St-Nazaire. L'Italien Fincantieri tient la corde.

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Vue aérienne des chantiers navals STX à Saint-Nazaire, le 20 décembre 2014.
Vue aérienne des chantiers navals STX à Saint-Nazaire, le 20 décembre 2014. (JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP)

Un porte-parole du tribunal sud-coréen chargé de l’affaire a confirmé la rumeur qui avait été reprise par plusieurs médias : Fincantieri est le seul à avoir déposé formellement une offre de reprise des chantiers navals STX-France de Saint-Nazaire.  A l’origine, trois repreneurs potentiels avaient manifesté leur intérêt dont le néerlandais Damen et le chinois Genting Hong-Kong.

Une affaire rentable

Les chantiers STX de Saint-Nazaire sont une pépite dans la construction de navires géants et que le monde entier s’arrache, notamment les croisiéristes. Les carnets de commande sont pleins pour fournir du travail jusqu’en 2030. 35 millions d’heures de fabrication assurées pour les 2 600 salariés de STX et les quelques 5 000 entreprises sous-traitantes. Cinq paquebots ont encore été commandés le 21 décembre dernier pour quatre milliards d’euros.

Cette entreprise qui tourne très bien qui a été mise en vente en octobre dernier par son propriétaire, le groupe sud-coréen STX OFFSHORE AND SHIPBUILDING, qui est en situation de quasi faillite et a besoin de cash pour se renflouer.

Fincantieri tient la corde. Est-ce pour autant la meilleure option ?

A Saint-Nazaire, élus et syndicats auraient préféré le néerlandais Damen. Le chinois Genting, lui, faisait craindre un pillage du savoir-faire français. Fincantieri est probablement la moins mauvaise option mais pose certaines questions en termes de concurrence.

1. STX est le rival du groupe italien dans la construction de paquebots. L'italien est lui-même partenaire industriel de l'américain Carnival. Il va donc falloir démêler les fils.

2. Fincantieri apparaît comme un actionnaire industriel solide mais il développe des programme avec des groupes chinois. L'Etat français, qui possède 33 et demi% du capital de STX France et possède à ce titre une minorité de blocage, sera donc très vigilant sur les conditions de reprise.

3. Les deux entités réunies pourraient devenir le cinquième constructeur naval au monde. Ce qui fait craindre aux syndicats une restructuration dangereuse sur le plan social. Le repreneur potentiel réfute cet argument mais, dans les faits, ce genre d'opération conduit pratiquement toujours à une rationalisation de certains services.

Point positif : Fincantieri est déjà partenaire de DCNS (l’ancienne Direction des constructions navales), filiale de Thales. DCNS n'exclut pas de prendre une participation minoritaire dans le futur ensemble. Nous sommes là dans le secteur régalien de la Défense nationale et chacun doit préserver ses intérêts stratégiques.

Un dossier, aussi, très politique

En filigrane, il y a la question de notre souveraineté. Saint-Nazaire est le seul port français capable d’accueillir la construction des coques de navires militaires comme les porte-hélicoptères Mistral  (vendus récemment à l'Egypte), des pièces de porte-avions, aussi.

Enfin, il ne faut pas négliger la dimension européenne. La Défense est le domaine dans lequel l'Europe doit absolument monter en puissance et se montrer unie. L’option France/Italie dans le dossier STX en offre de belles opportunités.

Donc, verdict du tribunal sud-coréen mardi 3 janvier 2017. STX-France est valorisé sept milliards d'euros. Les juges sud-coréens ont bien précisé que si l'offre du repreneur n'était pas à la hauteur, la procédure de cession serait relancée. Les jeux restent donc ouverts, même si l'affaire semble pliée en faveur de l'Italien.

 


Chantiers STX à Saint-Nazaire : la piste du... par franceinfo

Vue aérienne des chantiers navals STX à Saint-Nazaire, le 20 décembre 2014.
Vue aérienne des chantiers navals STX à Saint-Nazaire, le 20 décembre 2014. (JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP)