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Le décryptage éco. Carrefour négocie une rupture conventionnelle collective pour supprimer au moins 1 200 postes

Carrefour envisage encore de réduire la voilure : après avoir supprimé 2 500 postes l’année dernière, la marque veut se délester d'au moins 1 200 emplois. Elle négocie en ce moment avec les syndicats.

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Des chariots estampillé de la marque de l\'enseigne, dans un supermarché de Nantes, le 26 janvier 2016.
Des chariots estampillé de la marque de l'enseigne, dans un supermarché de Nantes, le 26 janvier 2016. (LOIC VENANCE / AFP)

Chez Carrefour, un comité central d’entreprise s’est tenu mercredi 28 mars avec les syndicats et se poursuit aujourd’hui. Les échanges sont animés car l'enseigne a déjà taillé dans ses effectifs l’année dernière, notamment en fermant les magasins Dia. Là, ce sont encore au moins 1 200 postes qui seraient concernés sur les 60 000 que compte l’enseigne dans ses hypers. L’explication ? Carrefour veut se recentrer sur l’alimentaire, supprimer ses rayons électroménagers, photo, ciné et son : ils seront mis en libre-service ou remplacés par des corners Darty. Le rayon bijouterie devrait, lui aussi, disparaître. Les stations-services vont être toutes automatisées : autant de main-d’œuvre en moins.   

Carrefour se recentre sur l'alimentaire

Il y a des chances qu'il y ait des fermetures de magazins mais on ne sait pas lesquelles. D’ici trois ans, Carrefour a annoncé vouloir réduire de 400 000 m2 ses surfaces de vente et veut complètement revoir le modèle des magasins qui ne sont pas assez rentables. Il y a un an, Alexandre Bompard, le nouveau PDG, a lancé un vaste plan de transformation dans lequel il expliquait vouloir simplifier l’organisation du groupe pour le rendre plus agile, plus compétitif, notamment face à la concurrence des sites de vente en ligne comme Amazon. Carrefour veut ainsi booster son offre digitale et le e-commerce. Avec ce grand plan de transformation, le groupe espère économiser 2 milliards d'euros en année pleine.

Carrefour a bien résisté à la crise des "gilets jaunes"

Ces suppressions d’emploi n’ont rien à voir avec les "gilets jaunes". D’ailleurs, les ventes de Carrefour ont plutôt bien résisté au mouvement mais quand on regarde le détail, c’est justement sur le web que les achats ont progressé pendant la période. Rien que pour la fin de l’année dernière, au 4e trimestre, le chiffre d'affaires du e-commerce alimentaire de carrefour a augmenté de plus de 30%. Quand les hypers, eux, ont souffert. Et les magasins de proximité ont vu leurs ventes progresser. Les suppressions de postes correspondent à la nouvelle stratégie de l’enseigne.

L'enseigne négocie une rupture conventionnelle collective

Ce système (instauré par les ordonnances Pénicaud qui ont réformé le Code du travail) est beaucoup plus souple en termes de procédure et s'inspire d'ailleurs de la rupture conventionnelle individuelle, ce départ à l’amiable que vous pouvez faire avec votre employeur. Là aussi, c’est basé sur le volontariat. Et la direction insiste d’ailleurs beaucoup là-dessus : il n’y aura aucun départ forcé. Les syndicats bataillent pour que les compensations soient les plus généreuses possibles mais dénoncent un plan social déguisé. FO, syndicat majoritaire chez Carrefour, a d’ores et déjà appelé à des mobilisations le 4 avril prochain.

Des chariots estampillé de la marque de l\'enseigne, dans un supermarché de Nantes, le 26 janvier 2016.
Des chariots estampillé de la marque de l'enseigne, dans un supermarché de Nantes, le 26 janvier 2016. (LOIC VENANCE / AFP)