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Le décryptage éco. Attractivité : l'opération séduction d'Emmanuel Macron auprès des entreprises étrangères

La France manque-t-elle vraiment d’attractivité pour les investisseurs étrangers ? Le décryptage de Fanny Guinochet.

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L\'usine Toyota d\'Onnaing (Nord), en mars 2017.
L'usine Toyota d'Onnaing (Nord), en mars 2017. (MAXPPP)

Emmanuel Macron reçoit 140 patrons étrangers à Versailles, lundi 22 janvier, pour un sommet baptisé "Choose France" (Choisissez la France). On entend souvent que notre pays est un véritable repoussoir … mais c’est une idée reçue. Car la France attire les investisseurs étrangers. Aujourd’hui, près d’un salarié sur 10 travaille dans une entreprise étrangère installée dans l’Hexagone, que ce soit le siège ou une filiale.

Ces entreprises étrangères et leurs implantations pèsent pour 29 % de notre richesse nationale (PIB). Elles représentent aussi un tiers des exportations. La France occupe par exemple la première place en Europe pour l’accueil des projets industriels étrangers, mais aussi de R&D.

Les investisseurs apprécient notre positionnement géographique, la taille de notre marché, mais aussi notre niveau d’éducation élevé, la productivité de la main-d’œuvre ou encore nos équipements routiers, ferroviaires, notre réseau électrique. Sans oublier le marché immobilier qui, même s’il est cher, reste en deçà des prix des grandes capitales Londres, New York ou Tokyo.

Un message : la France est "business friendly"

Mais on pâtit quand même de freins importants. Les investisseurs sont rebutés par les carcans administratifs, une fiscalité trop lourde, un code du travail réputé trop complexe.

Mais, c’est en train de changer : c’est bien le message qu’Emmanuel Macron veut faire passer aux dirigeants étrangers réunis à Versailles, comme Facebook, Rolls-Royce, SAP, Goldman Sachs… Il va leur dire, en anglais, combien la France est désormais "business friendly", pro-entreprise, bien plus qu’hier. Il va insister sur les réformes en cours, notamment les ordonnances qui permettent plus de flexibilité en matière de droit du travail, mais aussi les changements de la fiscalité, plus propices aux investissements, comme la baisse progressive du taux d'impôt sur les sociétés ou la fin de l'ISF.

Et cela pourrait porter ses fruits. Si on en croit un sondage Ipsos réalisé en décembre dernier, auprès des chefs d'entreprise étrangers, la dynamique est bien enclenchée. 60% voient la France comme un pays attractif pour les entreprises. C’est deux fois plus qu’il y a un an. Le contexte est favorable, avec le Brexit, et le protectionnisme de Trump.

Reste à voir si ce sentiment va se transformer en contrats et investissements dans l’Hexagone. Comme Toyota, où Emmanuel Macron sera lundi à la mi-journée. Le constructeur japonais a implanté une usine il y a 20 ans à Onnaing (Nord). Il prévoit plusieurs centaines de millions d’euros supplémentaires. Ce qui devrait permettre de créer des nouveaux emplois.

L\'usine Toyota d\'Onnaing (Nord), en mars 2017.
L'usine Toyota d'Onnaing (Nord), en mars 2017. (MAXPPP)