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Le décryptage éco. Ascoval : l'Etat change de tactique dans les dossiers de reprise d'entreprises

Bercy organise une réunion mercredi pour sauver Ascoval. Le gouvernement est attentif à la position de Vallourec, principal client de cette aciérie du Nord.

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Un panneau indicateur \"Ascoval\" à Saint-Saulve (Nord).
Un panneau indicateur "Ascoval" à Saint-Saulve (Nord). (FRANCOIS LO PRESTI / AFP)

Une réunion importante se tient mercredi 31 octobre à Bercy pour sauver l’aciérie Ascoval, qui emploie 280 personnes. Le gouvernement cherche à aider la reprise du site mais pas à n’importe quel prix. Dans ce dossier le gouvernement est volontariste, il réunit tous les acteurs du dossier aujourd’hui. Il travaille avec Altifort , le petit groupe franco-belge qui est pour le moment le seul repreneur d’Ascoval. Mais il reste, en même temps, relativement prudent : Pas question de s’engager dans une reprise sous perfusion. C’est à dire sans le financement et un carnet de commande suffisant. Le gouvernement n’entend pas faire pression sur Vallourec pour qu’il s’implique dans le sauvetage d’Ascoval. Vallourec, le sidérurgiste français, qui est aujourd’hui, le principal client et le premier actionnaire d’Ascoval qui a dit qu’il ne voulait pas s’engager.

Le gouvernement a demandé à Altifort, de présenter une offre sans l'aide de Vallourec

Au départ, Altifort présentait une offre de reprise qui prévoyait que Vallourec s’engage sur un an et demi de commandes pour faire vivre l’usine. Il est intéressant de voir que dans ce dossier, le gouvernement ne se positionne pas du tout comme il a pu le faire par exemple, il y a un an, pour sauver GM&S, l’équipementier de la Souterraine, dans la Creuse pour aider le repreneur, GMD, à sauver le site. Bercy avait alors fait le forcing sur les constructeurs automobiles, leur demandant de s’engager sur des commandes.

Un changement de tactique  

À Bercy on explique que les deux situations sont différentes. Si pour GM&S, le gouvernement a tordu le bras des constructeurs auto, c’est parce que pendant la crise, l’Etat les avaient beaucoup aidés en injectant de l’argent, et c’était normal qu’ils renvoient l’ascenseur ! Et puis, contrairement à Vallourec, dont les comptes sont aujourd’hui dans le rouge, les constructeurs vont plutôt bien, donc ils peuvent faire un geste. L’autre argument c’est aussi de dire que finalement dans la Creuse, le bassin d’emploi est sinistré , et que si les gens perdent leur job à la Souterraine, ils auront du mal à en retrouver un, alors que pour le site d’Ascoval, situé près de Valenciennes, il y a d’autres usines, comme Toyota dans lesquelles les gens pourront retrouver des contrats. Mais, plus généralement, ces solutions où l’on pousse les industriels à passer des commandes un peu artificielles pour sauver des emplois, ne fonctionnent pas toujours à long terme. Souvent ca permet juste de gagner du temps. Chez GM&S , d’ailleurs, l’usine est encore en grande fragilité, car les constructeurs auto en fait n’ont pas vraiment joué le jeu.

Quelle issue pour Ascoval ?

Il faut voir si Altifort le repreneur arrive à trouver suffisamment d’argent, mais aussi des clients – autre que Vallourec – qui s’engagent. À défaut, on pourrait assister à la fermeture pure et simple du site. Et dans ce cas, le gouvernement fera pression sur Vallourec pour qu’il offre de bonnes conditions de départ aux salariés. Il faut attendre, de toute façon, la décision du tribunal de grande instance de Strasbourg, prévue le mercredi 7 novembre prochain, car au final c’est bien lui qui décidera si la reprise par Altifort est viable, ou s’il prononce la liquidation judiciaire. Politiquement, une fermeture sera compliquée à gérer pour Emmanuel Macron qui suit paraît-il de très près le dossier.

Un panneau indicateur \"Ascoval\" à Saint-Saulve (Nord).
Un panneau indicateur "Ascoval" à Saint-Saulve (Nord). (FRANCOIS LO PRESTI / AFP)