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Le décryptage éco. Apprentissage : pourquoi les précédentes réformes n’ont pas marché ?

Le gouvernement prépare une réfome de la formation professionnelle et de l'apprentissage. Une démarche qui n'a rien d'inédit. Le décryptage de Fanny Guinochet.

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Un apprenti de l\'Université régionale des métiers de l\'artisanat, à Arras, en 2014.
Un apprenti de l'Université régionale des métiers de l'artisanat, à Arras, en 2014. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Le gouvernement veut mettre le paquet sur l’apprentissage. Il n’est pas le premier. 
Il y a déjà eu plusieurs plans pour développer ce dispositif. Mais sans grand succès. Le premier plan remonte à 1995. Depuis, chaque président y est allé de sa promesse, Sarkozy voulait un million d’apprentis, Hollande 500 000. Mais aucun n’a atteint l’objectif.

Pourquoi ? Parce qu’à chaque fois, on change le dispositif. La réglementation sur l’apprentissage mais aussi le niveau des aides aux entreprises n’ont pas arrêté de bouger. Et puis, les filières ne correspondent pas aux besoins des entreprises. Tout cela décourage les patrons, surtout ceux des petites structures, qui préfèrent recourir à des CDD.

Résultat : on compte 400 000 apprentis en France. C’est à peu près le même niveau qu’il y a dix ans, cela représente 7% des jeunes. C'est peu alors que tous les pays qui ont vaincu le chômage de masse – comme l’Allemagne – affichent un taux de 15%, voire 20%.

L'apprentissage, c'est bien... pour les enfants des autres

C’est pourtant une voie royale vers l'emploi. Le taux de débouchés est de 70 % pour les apprentis. C’est un peu moins que le diplôme universitaire, qui reste la voie royale pour décrocher un job. Ceux qui ont un master ou une licence professionnelle ont 90% de chances d’avoir un emploi.

En fait il y a un paradoxe : la majorité des Français disent qu’ils ont une bonne image de l’apprentissage mais en fait ils n’en veulent pas pour leurs propres enfants. Rappelez-vous, il y a quelques semaines, le PDG de Veolia, Antoine Frérot était sur France Inter pour vanter l’apprentissage, mais il a expliqué que ses fils n'avaient pas choisi cette voie parce qu'ils étaient "brillants". Antoine Frérot s'en est ensuite excusé, mais le mal était fait. En France, l’apprentissage est encore trop souvent perçu comme une voie de garage.

Les employeurs demandent un dispositif stable

En quoi le gouvernement pourrait faire mieux cette fois ? Tout le pari sera de changer le regard sur l’apprentissage, mais aussi de mettre en place un dispositif stable, simple, qui rassure les employeurs.

Le système devra aussi plus attrayant pour les jeunes, et être mieux ciblé. Car le problème, c’est que l’apprentissage attire surtout ceux qui sont déjà diplômés. Presque un jeune sur deux qui s’oriente dans ce cursus a déjà un bac, ce ne sont pas les plus menacés par le chômage.

C’est pour cela que le gouvernement envisage de moduler les subventions aux entreprises en fonction du niveau des apprentis : moins le jeune pris en entreprise sera qualifié, plus celle-ci sera aidée. Le gouvernement promet une importante réforme pour le printemps prochain.

Un apprenti de l\'Université régionale des métiers de l\'artisanat, à Arras, en 2014.
Un apprenti de l'Université régionale des métiers de l'artisanat, à Arras, en 2014. (PHILIPPE HUGUEN / AFP)