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L'économie américaine impacte-t-elle les élections ?

Les Américains votent demain pour des élections à mi-mandat qui pourraient faire perdre à Obama la majorité au Sénat. Pourtant l’économie américaine va bien, même très bien. L’économie n’aura donc pas d’impact sur ces élections ?

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Oui et le paradoxe est surprenant. En économie, les Etats-Unis sont connus comme étant les champions des cycles courts : quand il y a crise, ils peuvent chuter violemment, mais ils remontent toujours très vite et repartent de plus belle. L’économie américaine a une capacité de rebond exceptionnelle, c’est sa grande caractéritique : jugez plutôt, les Etats-Unis sont le pays fauteur de crise, c’est lui qui a provoqué une crise mondiale avec les subprimes en 2007-2008. Et bien, c’est lui qui affiche aujourd’hui le meilleur état de santé des pays occidentaux. L’économie américaine vient de traverser les 6 mois les plus dynamiques depuis plus de 10 ans : écoutez bien, ces chiffres font rêver : 4,6% de croissance au deuxième trimestre, 3,6% au troisième trimestre, à la surprise de tous les meilleurs spécialistes. Et un chômage qui est tombé sous la barre des 6%. Dopée par sa politique monétaire, l’Amérique produit, consomme, et exporte comme nulle part ailleurs dans le monde.

Et alors pourquoi ces excellents résultats ne profitent pas davantage à Obama ?

Parce qu’il y a les chiffres, et il y a la vie, Fabienne. Et dans la vie, les Américains ne ressentent pas complètement ce dynamisme de l’économie américaine. Parlons du chômage et de l’emploi d’abord : l’excellente statistique officielle ne dit pas tout de la réalité : Pour trois raisons :

1 / un peu comme en France, des centaines de milliers de sans-emplois ont été sortis des statistiques.

2 / des millions d’Américains subissent le temps partiel, la reprise a créé des jobs, mais d’abord dans la précarité.

3 / Les salaires réels stagnent.

Ces trois raisons expliquent pourquoi, aussi étrange que cela puisse paraître, une majorité d’Américains estiment que leur pays est encore en récession : ils n’ont pas encore perçu dans leur vie quotidienne les réalités de cette croissance.

Mais il y a aussi un autre facteur, c’est celui des inégalités ?

Oui, il y a bien un autre trompe l’œil dans le tableau de l’économie américaine. Ces dernières années, celle-ci a fabriqué des inégalités nouvelles, profondes et spectaculaires. La sortie de crise, et la stimulation monétaire exceptionnelle de la banque centrale, ont profité d’abord aux plus riches, aux très très riches même, aux revenus financiers dopés par la bourse. Les écarts se sont accrus comme jamais. A tel point que ce niveau d’inégalités commence maintenant à inquiéter dans un pays qui n’est pas réputé très sensible sur le sujet. Comme si au delà d’un certain seuil, les inégalités étaient non pas un problème moral, mais un handicap au bon fonctionnement global de l’économie et de la démocratie. Décidément, ce deuxième mandat de Barak Obama aura été celui des surprises ou plutôt des désillusions.

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