Inflation : pourquoi la construction de logements neufs va ralentir

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A la hausse du coût des matériaux de construction s'ajoute une remontée des taux d'intérêt. Le décryptage de Fanny Guinochet.

Article rédigé par
Fanny Guinochet - franceinfo
Radio France
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Des immeubles en construction à Bordeaux (Gironde). (PHILIPPE LOPEZ / AFP)

Le marché de la construction qui ralentit, ce n’est pas une bonne nouvelle, parce que depuis des années, déjà, on ne construit pas assez de logements. Ces douze derniers mois, on estime qu'il y a un peu moins de 400 000 mises en chantier, alors qu’il en faudrait 500 000 par an. Les choses risquent encore de se compliquer avec l’envolée des tarifs des matériaux. Entre la guerre en Ukraine, et  les problèmes d’approvisionnement, les prix de l’acier et de l’aluminium, par exemple, ont augmenté de près de 30% ces six derniers mois, +20% pour les tuiles, +9% pour les produits plastique, etc. Résultat : depuis le début de l’année, selon la Fédération française du bâtiment (FFB), à cause des matériaux, les coûts de construction ont déjà pris au moins 5%.

Il faut y ajouter de nouvelles règlementations environnementales qui sont beaucoup plus coûteuses, selon les professionnels. Ces nouvelles normes incitent, entre autres, à utiliser des matériaux moins polluants, comme le bois, plutôt que le béton ou l’acier. Seul hic : en un an, le prix du bois a progressé de plus de 7%.  

Du mal à trouver des acheteurs

Les taux d’intérêts remontent et cela joue aussi, bien entendu, déjà car les promoteurs sont obligés d’emprunter pour construire, et ça devient moins rentable. De plus, le risque pour eux est d’avoir plus de mal à trouver des acheteurs pour les logements qu’ils bâtissent, car des taux d’intérêts qui remontent, cela veut dire des conditions d’emprunts moins favorables. Et puis les banques ont durci les règles d’accès aux crédits. De fait, les particuliers qui veulent investir dans l’immobilier risquent d’être moins nombreux.

Sans oublier que le gouvernement prévoit d’intervenir sur les loyers. Il réfléchit à protéger les locataires de la hausse des prix en bloquant par exemple l’indice de référence des loyers. Ce blocage, c’est bien si vous êtes locataire, mais un peu moins si vous êtes propriétaire. Ça veut dire que le montant du bien que vous louez ne suivra pas l’inflation, et que vous perdrez de l’argent. Toutes ces raisons risquent de freiner les investissements et la construction et réduire encore le parc locatif… et donc aggraver la situation des Français pour se loger. Or, le logement, c’est le premier poste dans le budget des ménages.

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