Covid-19 : Davantage de télétravail, les entreprises sont-elles prêtes ?

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Jean Castex a recommandé, lundi, deux à trois jours de télétravail par semaine, partout où cela est possible. Le Premier ministre insiste également sur le fait de limiter les réunions en présentiel. Est-ce que les entreprises vont jouer le jeu ?  Le décryptage de Fanny Guinochet.

Article rédigé par
Fanny Guinochet - franceinfo
Radio France
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Une femme en télétravail. (CLAIRE LEYS / RADIO FRANCE)

Pour freiner l’épidémie, le gouvernement demande aux entreprises d’intensifier le télétravail. Jean Castex préconise deux à trois jours par semaine de travail à distance . C'est ce que le Premier ministre a indiqué, lundi 6 décembre, lors d'un point presse consacré aux mesures pour lutter contre le Covid-19. Les entreprises ont tout intérêt à jouer le jeu, car c’est le dernier avertissement, avant une obligation, prévient le gouvernement. Geoffroy Roux de Bézieux, le président du Medef assure que depuis l’arrivée du virus Omicron, les employeurs ont déjà commencé à intensifier le recours au travail à distance, quand c’est possible, dans le cadre d’un dialogue avec les salariés. Mais les chefs d’entreprise veulent éviter la bascule dans le 100% télétravail, parce qu’après les confinements, ils sont nombreux à avoir eu du mal à faire revenir les salariés sur site.

Selon le Medef, il faut faire attention aussi à une sorte de lutte des classes, entre les cols blancs qui peuvent télétravailler et les cols bleus, en bas de l’échelle, obligés d’être, en poste, sur site. Dernier argument : à peine 20% des postes seulement sont télétravaillables. Autrement dit, davantage de travail à distance, c’est une solution pour enrayer l’épidémie, mais ce n'est pas la recette miracle non plus.

Pour la plupart des chefs d’entreprise, le point d’équilibre est à trois jours par semaine maximum. Dans les faits, on en est loin. Selon les derniers chiffres du ministère du Travail, en octobre, à peine 21% des salariés étaient au moins un jour en télétravail et 6% l’étaient tous les jours de la semaine. On est loin des niveaux de novembre 2020, il y a un an, quand un quart des employés avaient au moins un jour de télétratravail, et que surtout presque un sur deux, 44%, étaient en travail à distance toute la semaine. C’était un pic, un record en France : il faut dire que le gouvernement demandait de recourir massivement au télétravail, les employeurs n’avaient pas le choix.   

Les syndicats ne sont pas non plus favorables au 100% télétravail

Les syndicats mettent en garde contre les difficultés que peuvent rencontrer les employés : l’isolement, la souffrance psychologique, les difficultés matérielles aussi car tout le monde n’a pas un logement qui permet de télétravailler dans de bonnes conditions.

Ce sont souvent des frais en plus pour les salariés. Les entreprises qui ont négocié des accords de télétravail – plus de 2 700 depuis le début de l’année – prévoient rarement des compensations financières pour payer le forfait internet, ou l’électricité. D’ailleurs, une proposition de loi pour créer un "forfait télétravail" défiscalisé pouvant prendre en charge jusqu’à 600 euros par an vient d’être déposée par une député de la majorité, mais le texte n’est encore pas inscrit au calendrier parlementaire. Pas sûr qu’il soit adopté avant la fin de la mandature.

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