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Bruxelles toujours opposée à Google pour abus de position dominante

L’Américain Google vient d’obtenir un délai pour s’expliquer devant la Commission européenne, elle lui reproche un abus de position dominante.

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Google qui avait jusqu’à cette semaine et même jusqu’à mardi pour répondre à Bruxelles a finalement obtenu 15 jours de sursis. On n’est plus à deux semaines près puisque ça fait cinq ans que ça dure. Il faut remonter à novembre 2010, quand trois petits poucets, les moteurs de recherche Ciao en Allemagne, Foudem en Grande Bretagne et e-justice en France, spécialisé dans le juridique, déposent plainte devant la commission de la concurrence. Ils reprochent au géant américain de privilégier son propre site de e-shopping , donc ses propres clients sur son moteur de recheche au détriment d’autres, limitant ainsi le choix du consommateur. Quant on sait qu’aujourd’hui 80 % des recherches en lignes se font via Google, on a tout de suite compris pourquoi Google enfreint la loi anti-trust.

Que risque Google ?

Une amende de six milliards d’euros soit la moitié de son bénéfice annuel pour un chiffre d’affaire de 62 milliards l’an dernier. Ce n’est pas rien. Ce serait d’ailleurs la plus grosse amende infligé par Bruxelles depuis Microsoft qui avait écopé de deux milliards d’Euros au début des années 2000. On verra ce qu’il adviendra car Google a déjà proposé des corrections de son fonctionnement à trois reprises, retoqués pour insuffisance par Bruxelles qui pendant cinq ans à privilégié le dialogue avec le géant américain. Mais contrairement à ce qui s’est passé aux Etats-Unis, aucun arrangement n’a été trouvé. Car Outre-Atlantique aussi Google a été poursuivit pour infraction à la loi anti trust et finalement blanchi en 2013 après un simple engagement de bonne conduite de sa part qui n’a rien changé. Depuis l’an dernier, Bruxelles a une nouvelle commissaire européenne à la concurrence, Magareth Vestager, qui sera peut être moins coulante

Google vient de se restructurer, est-ce que ça change quelque chose dans la procédure ? est-ce que ça a à voir avec cette affaire ?

Evidemment oui, même si le géant américain parle d’abord de booster son développement. Car Google n’est pas qu’un moteur de recherche, l’entreprise a de nombreuses activités : Google-earth , les Google-class, la Google-car ou encore YouTube. Mais ce n’est pas tout, il y a aussi Calico, qui fait de la recherche sur les nouvelles technologies pour augmenter l’espérance de vie, Nest, spécialiste des objets connectés, Google-venture ou Google-capital pour l’investissement ou encore Fiber pour la fibre optique. Bref, depuis sa fondation il y a 17 ans, Google a pris beaucoup de poids. Sa restructuration sous le nom d’Alphabet va séparer les activités en filliales. Google en serait une parmi les autres qui ne seraint plus concernées par les poursuites bruxelloises. Et Google a encore du souçi a se faire car Bruxelles le poursuit aussi pour sa présence quasi systématique sur les téléphones Androïd. Une nouvelle enquête a été lancée.

Donc les Européens sont remontés contre Google, mais le moteur de recherche n’est pas le seul dans le collimateur ?

Non, alors,les Allemands et les espagnols ont instaurés des taxes anti-Google , mais d’autres membres de ces grands de la net-économy  font aussi l’objet d’enquête de la part de Bruxelles, Apple en irlande, Facebook au Luxembourg , tous deux pour avoir reçu des aides illégales . Alors chez Google, le patron a déjà répondu qu’il n’était pas tout seul, qu’il y avait aussi E-bay , Amazon pour le shopping, Bing ou Yahoo comme autres moteurs de recheche. Que le consommateur avait donc le choix. Mais amende ou pas contre le géant américain, la vraie question, c’est que l’Europe est à la traine et n’a pas réussi à développer de plateforme capable de se mesurer à Google .

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