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Baisse du chomage en Europe : signe de la reprise de l'activité

Bonne nouvelle, on a appris hier que le chômage commençait à diminuer enfin en Europe. C’est un nouveau signe de la reprise de l’activité, semble-t-il.

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(© Christophe Abramowitz)

Sans aucun doute. Les statistiques d’Eurostat publiées hier pour le mois de février le prouvent, et elles étaient particulièrement attendues. Pour ce qui est de la zone euro d’abord, le niveau du chômage n’a pas été aussi bas depuis mai 2012, c’est à dire pratiquement trois ans. Alors pas d’emballement, le taux de chômage global atteint quand même 11,3%, il y a encore quelques 18 millions dans la zone euro. Mais, enfin, le signe de reflux est net. Si on regarde l’Europe des 28 maintenant : la tendance est même un peu plus accentuée : c’est la hausse du chômage de ces quatre dernières années qui a été effacée, avec un taux de 9,8%.

Ce qui frappe aussi Vincent, c’est l’extrême diversité des situations en Europe… 

Oui, les taux de chômage oscillent entre 4,8% en Allemagne et 26%, le plus mauvais résultat, en Grèce, sans surprise, c’est dire sur la divergence économique est forte en Europe. Pour bien voir le tableau général, j’ai classé les pays en trois groupes. Si on regarde d’abord le groupe de tête, 6 pays affichent désormais atteint un taux de chômage inférieur à 6%, c’est à dire quasiment le retour au plein emploi : l’Allemagne, qui a retrouvé son niveau de chômage d’avant la réunification, l’Autriche, le Luxembourg, Malte et le Royaume Uni.

Si on regarde maintenant les pays, où la tendance à la baisse est la plus forte, ce ne sont pas les meilleurs élèves, mais c’est là où la décrue est la plus rapide, où donc la reprise est vigoureuse : l’Estonie, la Bulgarie, mais surtout l’Irlande qui n’est pas loin déjà de la surchauffe économique. Et il y a aussi l’Espagne : c’est intéressant parce que c’est un pays qui avait été frappé de plein fouet par la crise, et qui est s’infligé une sévère cure d’austérité et qui est aujourd’hui dans une belle dynamique : son chômage reste très élevé, mais l’économie espagnole a créé 450.000 emplois en 2014. Pour ces pays, on peut vraiment aussi parler de reprise et la situation va continuer de s’améliorer.

Et il y a le 3ème groupe, on imagine Vincent que c’est celui des pays où le chômage continue d’augmenter…

Oui, c’est un groupe de plus en plus réduit certes, il y a Chypre, la Croatie, ou encore la Finlande, mais il y a surtout deux grands de la zone euro, l’Italie et vous l’avez deviné la France. La fameuse inversion de la courbe du chômage n’est toujours pas là. En France, où le problème de l’absence de confiance reste majeur, les économistes se sont même demandés un temps si on n’avait à faire à un cas singulier, c’est à dire une reprise sans emploi. Cela est déjà arrivé dans le passé. En fait la majorité des économistes pensent quand même que le chômage devrait enfin commencer à reculer cette année. Les signaux de reprise de l’activité se multiplient, la confiance des ménages reprend des couleurs. Mais que c’est long. On le sait la singularité de l’économie française c’est qu’elle encaisse souvent un peu mieux les crises que les autres, mais qu’elle redémarre toujours plus lentement que les autres. On est au cœur des fragilités de l’économie française.

(© Christophe Abramowitz)